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Insuffisance cardiaque et altération rénale : mieux utiliser les IEC et les sartans ?

Publié le 18/02/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les recommandations européennes de 2008 concernant le traitement de l’insuffisance cardiaque soulignent qu’il n’existe pas de seuil absolu de créatininémie qui contre-indique l’utilisation des IEC ou des sartans.

L’étude de surveillance Impact-Reco III a analysé les traitements prescrits par les médecins français aux patients insuffisants cardiaques en fonction de la sévérité de la maladie définie par la classification NYHA et en fonction des comorbidités associées.

Cette surveillance, réalisée en 2007, concerne les prescriptions de cardiologues privés français tirés au sort, aux patients traités pour insuffisance cardiaque et ayant une fraction d’éjection systolique (FEVG)<40 %. L’âge moyen des patients était de 71±11 ans, 75 % étaient des hommes, 34 % avaient une insuffisance cardiaque classes III et IV NYHA. Une coronaropathie associée était présente chez 54 %, 30 % présentaient une fibrillation atriale, et la FEVG moyenne était de 34±7 %. La créatininémie évaluée chez 1 332 patients, était en moyenne de 119±50 μmol/l et la clairance de la créatinine était de 59,6±26,8 ml/kg/mn. Une insuffisance rénale, définie par une créatininémie>220 μmol/l était présente chez 173 patients.

Pour les 467 patients ne recevant pas d’IEC, la première raison de non prescription était la présence d’une contre-indication pour 69 patients (14,8 %), [dont 54 (78, 3 %) en raison d’une altération de la fonction rénale]. La seconde raison de non prescription était l’existence d’effets secondaires pour 365 patients [dont 25 patients (6,85 %) avaient une insuffisance rénale].

Les sartans n’étaient pas prescrits chez 1 003 patients. Parmi les contre-indications, l’existence d’une altération de la fonction rénale concernait 79 patients (90,8 %), ou une intolérance liée à une altération de la fonction rénale pour 40 patients (32,8 %).

Au total, la raison évoquée de non prescription de ces deux classes de médicaments était l’altération de la fonction rénale pour 133 patients, (n=54 pour les IEC + n=79 pour les sartans), considérée comme une contre-indication.

Au total, l’altération de la fonction rénale demeure la principale raison pour ne pas prescrire un IEC ou un sartan en cas d’insuffisance cardiaque. Pourtant, l’adaptation posologique en fonction de la clairance de la créatinine est simple. Pour  les auteurs, cette situation nécessite d’être améliorée pour que les IEC ou les sartans ne soient pas refusés aux insuffisants cardiaques dont la fonction rénale est altérée.



Dr Emmanuel Cuzin


Galinier M et coll. : Renal dysfunction and use of angiotensin-converting enzyme inhibitors and angiotensin receptor blockers in chronic heart failure. Vingtièmes journées européennes de la Société Française de Cardiologie (Paris) : 13-16 janvier 2010.



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