Le diagnostic des syndromes parkinsoniens peut être
particulièrement difficile au début de la maladie car les signes
caractéristiques peuvent manquer. La scintigraphie cérébrale (DAT
scan) n’est d’aucune utilité dans ce contexte. L’imagerie a suscité
beaucoup d’espoir mais il s’avère que les signes décrits (signe du
colibri, de l’œuf de pâques ou atrophie putaminale) ne sont pas
aussi sensibles que l’on aurait pu l’espérer. Les nouvelles
techniques d’imagerie semblent plus intéressantes car elles
permettent de mieux visualiser les structures riches en fer ou les
faisceaux de fibres qui peuvent être atteints dans ces affections.
Ainsi, l’imagerie en tenseur de diffusion (DTI), extension de
l'IRM de diffusion, permet de visualiser la position, l’orientation
et l’anisotropie des faisceaux de fibres dans le cerveau.
L’architecture des axones en faisceaux parallèles, ainsi que leur
couche de myéline, facilite la diffusion des molécules d’eau le
long de leur axe. Cette diffusion privilégiée dans une direction
est dite "anisotrope” et peut être quantifiée.
Plusieurs travaux confirment l’intérêt de ces techniques dans
l’étude des syndromes parkinsoniens. Une équipe espagnole a
présenté à Miami les résultats d’une évaluation 3D dans l’atrophie
multi systématisée (MSA) et la paralysie supranucléaire progressive
(PSP). Trente-sept patients et 15 contrôles ont été inclus dans une
étude IRM 3T avec tenseur de diffusion utilisant une technique de
calcul automatisée basée sur les voxels. Les patients présentaient
une maladie de parkinson (n=14), une MSA (n=10) ou une PSP
(n=13).
La fraction d’anisotropie était diminuée au niveau du pédoncule
cérébelleux supérieur, des pédoncules cérébraux , au niveau de la
commissure antérieure et du fornix dans le groupe PSP (p<0,001)
comparé aux patients PK et aux sujets contrôles. Par contre dans le
groupe MSA, cette diminution touchait le pédoncule cérébelleux
moyen, les fibres transverses du pont et la substance blanche
cérébelleuse (p<0,001). Ce mode de calcul de l’imagerie en
tenseur de diffusion permet donc de distinguer les différents
syndromes parkinsoniens. Toutefois, il manque encore des données
pour apprécier la pertinence diagnostic de cette technique au stade
débutant.
Dr Charles Gouraud
Ferreiro-Argüelles C et coll. : 3T diffusion tensor MRI in differential diagnosis of Parkinson’s disease and atypical parkinsonism. 18th WFN World Congress on Parkinsons Disease & Related Disorders (Miami) : 13-16 décembre 2009.
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