Les places de la stimulation du noyau sous thalamique (NST) et
du globus pallidum (GP) dans le traitement de la maladie de
Parkinson (MP) sont actuellement bien définies. Depuis quelques
années, plusieurs équipes ont effectué des essais de stimulation de
nouvelles cibles comme le noyau pédonculopontin (NPP). Mais à
la différence de ce qui a été observé avec les cibles classiques,
l’effet de la stimulation s’est avéré beaucoup moins
spectaculaire justifiant la réalisation d’études contrôlées. A
Miami, une session sur ce sujet a permis de confronter l’expérience
de plusieurs équipes impliquées dans ce domaine de recherche. Le
NPP est une structure impliquée dans la locomotion, le contrôle du
mouvement, mais aussi dans le sommeil et la cognition.
A. Stefani (Rome, Italie) a rapporté l’expérience de son équipe
dans ce domaine. Les effets sur la marche se sont avérés modestes.
En effet, la stimulation à basse fréquence (25hz) chez des patients
avec une double stimulation (NPP et NST) a entraîné moins d’effet
sur la longueur de la foulée que celle du NST. Par contre, la
stimulation du NPP a eu un effet sur des fonctions non motrices.
Elle a entraîné une augmentation de l’utilisation du glucose dans
les régions préfrontales bilatérales associées à une amélioration
de certaines fonctions cognitives : rappel différé, mémoire de
travail et fonctions exécutives. Il a été aussi noté une
modification du sommeil avec une restauration du sommeil REM. Un
trouble du contrôle des pulsions réversible à l’arrêt de la
stimulation a été aussi observé chez un patient. Ce trouble s’est
manifesté sous la forme d’un achat compulsif, d’une hypersexualité
et de jeu pathologique. Cet effet indésirable peut être expliqué
par une possible activation du circuit limbique ou associatif, via
une activation du tegmentum ventral et du noyau accumbens, système
implique dans la récompense.
E. Moro (Canada) partage cette opinion et rappelle que la
stimulation du NPP améliore le sommeil chez les patients ayant une
paralysie supranucléaire progressive et qu’elle pourrait être
efficace sur la rapidité des processus de traitement. D’autres
cibles sont discutées comme le complexe noyau centromédian et
parafasciculaire (CM/Pf), structure de sortie et d’entrée des
ganglions de la base.
L. Kerkerian-Le Goff (Marseille) a rapporté des résultats
intéressants d’une expérimentation faite chez les des rats
parkinsoniens. Tous ces travaux expérimentaux et cliniques
témoignent de la vitalité de ce type de recherche mais aussi d’un
certain nombre de limites. Il faudra certainement attendre encore
quelques années pour savoir si ces nouvelles cibles pourront
être utilisées chez les patients parkinsoniens.
Dr Charles Gouraud
Stefani A et Stanzione P : Low frequency stimulation of PPTg in PD: minor beneflts on gait, peculiar changes of cortical metabolism and cognitive performance.
Moro E : New targets for DBS: can DBS modulate non-motor symptoms ?
Kerkerian-Le Goff L et coll. : Rationale for targeting the thalamic centre median–parafascicular complex in the surgical treatment of Parkinson's disease.
18th WFN World Congress on Parkinsons Disease & Related Disorders (Miami) : 13-16 décembre 2009.
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