> Accueil JIM > En quête d’une nouvelle cible dans la neurochirurgie de la maladie de Parkinson

Partenaires Partenaire





ACTUALITE CONGRES

En quête d’une nouvelle cible dans la neurochirurgie de la maladie de Parkinson

Publié le 03/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les places de la stimulation du noyau sous thalamique (NST) et du globus pallidum (GP) dans le traitement de la maladie de Parkinson (MP) sont actuellement bien définies. Depuis quelques années, plusieurs équipes ont effectué des essais de stimulation de nouvelles cibles comme le  noyau pédonculopontin (NPP). Mais à la différence de ce qui a été observé avec les cibles classiques, l’effet de la stimulation s’est avéré beaucoup moins  spectaculaire justifiant la réalisation d’études contrôlées. A Miami, une session sur ce sujet a permis de confronter l’expérience de plusieurs équipes impliquées dans ce domaine de recherche. Le NPP est une structure impliquée dans la locomotion, le contrôle du mouvement, mais aussi dans le sommeil et la cognition.

A. Stefani (Rome, Italie) a rapporté l’expérience de son équipe dans ce domaine. Les effets sur la marche se sont avérés modestes. En effet, la stimulation à basse fréquence (25hz) chez des patients avec une double stimulation (NPP et NST) a entraîné moins d’effet sur la longueur de la foulée que celle du NST. Par contre, la stimulation du NPP a eu un effet sur des fonctions non motrices. Elle a entraîné une augmentation de l’utilisation du glucose dans les régions préfrontales bilatérales associées à une amélioration de certaines fonctions cognitives : rappel différé, mémoire de travail et fonctions exécutives. Il a été aussi noté une modification du sommeil avec une restauration du sommeil REM. Un trouble du contrôle des pulsions réversible à l’arrêt de la stimulation a été aussi observé chez un patient. Ce trouble s’est manifesté sous la forme d’un achat compulsif, d’une hypersexualité et de jeu pathologique. Cet effet indésirable peut être expliqué par une possible activation du circuit limbique ou associatif, via une activation du tegmentum ventral et du noyau accumbens, système implique dans la récompense.

E. Moro (Canada) partage cette opinion et rappelle que la stimulation du NPP améliore le sommeil chez les patients ayant une paralysie supranucléaire progressive et qu’elle pourrait être efficace sur la rapidité des processus de traitement. D’autres cibles sont discutées comme le complexe noyau centromédian et parafasciculaire (CM/Pf), structure de sortie et d’entrée des ganglions de la base.

L. Kerkerian-Le Goff (Marseille) a rapporté des résultats intéressants d’une expérimentation faite chez les des rats parkinsoniens. Tous ces travaux expérimentaux et cliniques témoignent de la vitalité de ce type de recherche mais aussi d’un certain nombre de limites. Il faudra certainement attendre encore quelques années pour  savoir si ces nouvelles cibles pourront être utilisées chez les patients parkinsoniens.



Dr Charles Gouraud


Stefani A et Stanzione P : Low frequency stimulation of PPTg in PD: minor beneflts on gait, peculiar changes of cortical metabolism and cognitive performance.
Moro E : New targets for DBS: can DBS modulate non-motor symptoms ?
Kerkerian-Le Goff L et coll. : Rationale for targeting the thalamic centre median–parafascicular complex in the surgical treatment of Parkinson's disease.
18th WFN World Congress on Parkinsons Disease & Related Disorders (Miami) : 13-16 décembre 2009.



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions