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Le traitement de la maladie parodontale ne réduit pas le risque d’accouchement prématuré

Publié le 04/03/2010   |  3 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les causes de l’accouchement prématuré sont multiples et il a été démontré que les infections en cours de grossesse peuvent entraîner un accouchement prématuré spontané, souvent associé à un faible poids à la naissance.

Des études épidémiologiques ont suggéré que les maladies parodontales pouvaient être un facteur de risque d'accouchement prématuré ou de prématurés de petit poids. Par conséquent l’hypothèse a été émise que le diagnostic d’une maladie parodontale chez une femme enceinte et son traitement pourraient réduire les effets négatifs de cette infection sur la grossesse. Mais les résultats de deux études menées sur ce thème ont été contradictoires.

Dans ce contexte, une étude multicentrique et randomisée a évalué l’impact du traitement de la maladie parodontale (MP) pendant la grossesse sur l’incidence de l’accouchement prématuré spontané (<35 SA). Au total 3 563 femmes enceintes de 21-24 SA ont été dépistées pour la maladie parodontale (MP) et la prévalence de cette dernière était de 50 % ; 378 femmes ont été assignées dans le groupe de traitement actif et 379 dans le groupe placebo. Les caractéristiques des patientes étaient similaires dans les deux groupes. Les informations sur les différents facteurs de risque d’accouchement prématuré ont été collectées.

L’analyse ajustée a mis en évidence une association positive entre la maladie parodontale modérée à sévère et l’accouchement prématuré avant 37 SA (OR = 4,5 ; IC 95 % : 2,2-9,2), avant 35 SA (OR = 5,3 ; IC 95 % : 2,1-13,6) et avant 32 SA (OR = 7,1 : IC 95 % : 1,7-27,4).

Dans le groupe traitement actif, on n’a observé aucune réduction du risque d’accouchement prématuré spontané (APS) (RR=1,19 ; IC 95 % : 0,95-4,24), bien au contraire on y a constaté une légère tendance à une élévation du taux d’accouchement prématuré (du fait d’une pré éclampsie ou à d’une retard de croissance fœtale). Autre résultat étonnant : le risque d’accouchement prématuré a augmenté nettement chez les femmes traitées ayant eu précédemment un accouchement prématuré par rapport aux femmes sans antécédent d’accouchement prématuré. Par ailleurs, aucune différence n’a été observée entre les deux groupes concernant le poids moyen à la naissance, la proportion des bébés de faible poids à la naissance et la morbidité/mortalité.

En conclusions, les résultats de cette étude suggèrent que le dépistage et le traitement de la MP chez la femme enceinte ne réduisent ni le taux d’accouchement prématuré, ni l’incidence de l’accouchement prématuré spontané. Ce traitement est au contraire soupçonné d’augmenter certains « sous-types » d’accouchement prématuré.



Dr Viola Polena


Macones GA et coll. : Treatment of localized periodontal disease in pregnancy does not reduce the occurrence of preterm birth : results from the Periodontal Infections and Prematurity Study (PIPS). Am J Obstet Gynecol. 2010 ; 202 : 147.e1-8.




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Vos réactions

Déception

Le 04 mars 2010

Nous n'avons que des résultats "contradictoires" de l'étude. Aucune précision sur le ou les protocoles de traitements.
Ceci enlève tout intérêt aux conclusions.
Soit la publication ne présente pas d'intérêt scientifique, soit l'analyse de la publication à omis ce point intéressant.
En tant que médecin stomatologiste, je suis déçue.

Dr Catherine Auclair

Revoir les résultats

Le 05 mars 2010

Si cette étude pouvait être relancée. La conclusion remet en cause des avantages pertinents de la consultation prénatale. L’auteur peut encore revoir les résultats et les propos tenus en concluant. Si possible faire une description détaillée de ces sous-types d’AP.

Dr Badiaga Cheickna.

« Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable » (Boileau)

Le 06 mars 2010

Certes, les résultats de cette étude sont troublants et contredisent le bon sens. On pouvait penser spontanément que puisque les maladies parodontales sont un facteur de risque d’accouchement prématuré (AP), alors leur traitement pourrait réduire le taux d’AP. Les auteurs de cette étude sont bien partis de cette hypothèse, mais les résultats de leur étude ayant été tout à fait différents, ils ont été eux mêmes surpris, et je ne doute pas qu’ils se sont posés les mêmes questions que vous et qu’ils ont vérifié attentivement leurs résultats.
Concernant la conclusion, il s’agit bien de celle de cette étude précise et en aucun cas d’une conclusion généralisée ou de recommandations. Cette conclusion ne remet pas en cause les avantages pertinents de la consultation prénatale, mais seulement l’impact du traitement de la maladie parodontale (MP) sur le taux d’accouchements prématurés.
Il s’agit d’une étude randomisée et en aveugle pour les investigateurs des résultats de traitements, elle a été effectuée par une équipe de qualité et l’article a été publié par l’AJOG (American Journal of Obstetrics and Gynecology), un des meilleurs journaux en obstétrique.
-Les 378 femmes affectées dans le groupe de traitement actif ont subi un détartrage et surfaçage radiculaire et les 379 du groupe placebo ont eu un simple polissage dentaire. Les protocoles de traitements sont décrits clairement dans l’article et peuvent être consultés.
-Concernant les « sous-types » d’accouchement prématuré, les auteurs ont observé une légère élévation du taux d’accouchement prématuré provoqué due à des conditions maternelles et/ou fœtales telles qu’une pré éclampsie ou un retard de croissance fœtale.
Bien entendu, comme toute étude, celle ci souffre de faiblesses et de biais, lesquels ont été pris en compte et discutés par les auteurs. A mon avis elle n’a pas atteint la vérité définitive et il ne s’agit que d’une étude de plus sur l’impact du traitement de la MP sur le taux d’AP. D’autres recherches contribueront encore à éclaircir cette question. Nous n’ajoutons pas toujours dans nos conclusions l’expression « d’autres études sont nécessaires… », Mais nous savons que tous les résultats d’études sont relatifs et que d’autres recherches sont toujours nécessaires...Comme le disait Boileau, « Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable ».

Dr Viola Polena

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