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Tabac : la Cour européenne de justice tacle ceux qui pensent que la santé n’a pas de prix

Publié le 05/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Luxembourg, le vendredi 5 mars 2010 – La suppression de la pipe de Jacques Tati sur les affiches d’une exposition à sa gloire, la restriction drastique des lieux publics où fumer est autorisé et le climat général anti-tabac qui prévaut dans nos sociétés ne laissaient guère augurer que la Cour européenne de justice priverait les états membres d’une de leurs armes principales en matière de lutte contre le tabagisme : celle de l’argent. Pourtant, il est des règles que l’on ne peut facilement brûler en Europe, même en invoquant l’argument de la santé publique : celles assurant la libre concurrence.

Trois pays s’étaient pourtant laissés tenter : la France, l’Autriche et l’Irlande qui imposent depuis des années un prix minimal pour les paquets de cigarettes et autres produits du tabac. Cette politique est une entrave à la libre concurrence « en empêchant certains producteurs ou importateurs (de tabac) de tirer avantage de prix de revient inférieurs afin de proposer des prix de vente au détail plus attractifs » a jugé hier la Cour européenne de Luxembourg. Plutôt que de recourir à la tactique du prix minimum, les magistrats dessinent deux autres options possibles : la taxation accrue ou encore l’interdiction de la vente à perte. Il semble que la première option ait déjà séduit les pouvoirs publics Français : « 81 % du prix public d’un paquet de cigarettes » étant en effet lié aux taxes sur le tabac, rappelle le directeur des relations extérieures de Japan Tobacoo International France, Denis Fichot, cité par France Soir.

Aussi, la décision de la Cour européenne de justice ne devrait-elle avoir que peu d’impact sur la situation française, d’autant plus que « La France s’était déjà préparée, avec l’instauration d’un autre système de fiscalité, le minimum de perception, voté chaque année au Parlement et qui est légal », indique Yves Trévilly de British American Tobacco. Il n’empêche que ceux et celles qui s’opposent à la lutte contre le tabac se satisferont peut-être de trouver dans les magistrats européens des alliés malgré eux.



Léa Crébat



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