Paris, le lundi 8 mars 2010 –L’hôpital ou l’officine : tels
semblent être les deux horizons ouverts à ceux qui se destinent à
la carrière de pharmacien. Pourtant, le secteur industriel en
compte également dans ses rangs un grand nombre. Au-delà de
l’existence d’une « filière industrie », cette réalité du marché de
l’emploi a été longtemps méconnue des cursus de formation, mais des
évolutions notables sont observées ces dernières années. Ainsi,
l’université Pierre et Marie Curie propose à l’instar des
universités de Lyon ou de St Etienne « des cursus mixtes
pharmacien ingénieur (…) très recherchés dans le milieu
industriel », comme le signale dans un rapport remis il y a
quelque semaine à Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement
supérieur et de la recherche, Manuel Tunon de Lara, président de
l’Université Victor Segalen Bordeaux 2.
Habiller Jean pour déshabiller Paul ?
Ces travaux, consacrés aux « besoins actuels et futurs des industries de
santé en termes de formation » ne se contentent
cependant pas de mettre en avant les initiatives intéressantes
contribuant à élargir un peu plus la présentation du monde de
l’industrie aux étudiants en pharmacie. Le rapport pointe également
du doigt certains obstacles et difficultés. Manuel Tunon de Lara
souligne ainsi : « Si les pharmaciens sont très présents dans
l’industrie pharmaceutique (…) les entreprises rencontrent de plus
en plus de difficultés à les recruter en raison du numerus
clausus ». Aussi, des évolutions semblent-elles s’imposer,
dont certaines ont été dictées sous la forme de recommandations par
le « groupe Universités-Industries animé par la conférence
des Doyens de pharmacie et les entreprises du médicament (…) en
2006 ». Elles concernent une modification du numerus clausus,
afin qu’il soit mieux adapté aux réalités du marché, mais aussi le
développement de « l’information sur les besoins du secteur et
ses débouchés afin d’attirer les jeunes vers la filière industrie
et valoriser les métiers de la production » et vont même
jusqu’à proposer une « réforme de la structure globale des
études de pharmacie dans le cadre du L-M-D ». Outre ces
préconisations, ce groupe a par ailleurs élaboré un «
référentiel de compétences du pharmacien industriel » qui
se « décline en trois niveaux : socle commun de la formation de
tous les pharmaciens, connaissances et savoir-faire communs aux
différents métiers industriels et connaissances et savoir faire
spécifiques à chacun des métiers industriels », précise le
rapport. Certains considéreront peut-être que ces recommandations
pourraient avoir pour conséquence de dissuader une proportion
croissante d’étudiants d’embrasser la carrière hospitalière, ce qui
pourrait se révéler délétère pour un nombre d’établissement.
Aurélie Haroche
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