Les progrès des techniques de débridement et de réanimation ont
permis d’améliorer la survie des patients victimes de brûlures
étendues. Outre la prévention et le traitement des infections, la
couverture des plaies continue cependant de poser un challenge dans
l’attente de l’autogreffe, c'est-à-dire de la mise en place de
l’épiderme de remplacement obtenu par la culture in vitro des
kératinocytes du patient. La constitution de cet épiderme nécessite
en effet au moins trois semaines.
Plusieurs méthodes sont proposées pour couvrir la plaie dans cet
intervalle. Les greffes à partir de cadavres ou de banques de peau
sont faciles à utiliser et incluent du derme mais les phénomènes de
rejet sont fréquents. Les substituts synthétiques comprennent
le Biobrane (collagène porcin dans une membrane de silicone) qui
favorise l’épithélialisation mais n’est efficace que lorsque le lit
de la plaie est de bonne qualité et les « régénérateurs de
derme » (Integra®, Renoskin®, Matriderm®) qui fournissent un derme
artificiel. L’autogreffe à partir des cultures de kératinocytes
secondairement mise en place reste fragile avec des risques élevés
d’infection et un résultat cosmétique souvent peu satisfaisant du
fait de l’absence de derme vrai.
Une des alternatives est la greffe de peau totale constituée
d’une couche d’épiderme obtenue à partir de culture de
kératinocytes et d’une couche dermique provenant de la culture de
fibroblastes, la jonction dermo épidermique étant réalisée in vitro
par le biais d’un gel de fibrine. Cette technique apporterait des
résultats fonctionnels et esthétiques beaucoup plus favorables.
Plus récemment, l’équipe de Marc Peschanski a proposé le recours
aux cellules souches embryonnaires. Celles-ci ont en effet des
capacités d’expansion illimitées et peuvent se différencier in
vitro en n’importe quelle cellule et en particulier des
kératinocytes basaux. En recourant à ces cellules, il a été
possible de constituer un épiderme pluristratifié ayant toutes les
caractéristiques d’un épiderme normal. Le recours à cette technique
pour recouvrir les brûlures en attente d’autogreffe laisse espérer
là encore de parvenir à de meilleures suites esthétiques.
Dr Marie-Line Barbet
Santos X : Substituts cutanés chez les patients brûlés graves. Baldeschi C et coll. : Quoi de neuf dans l’utilisation des cellules souches embryonnaires pour la thérapie cellulaire de l’épiderme. 14e Conférence Nationale des Plaies et Cicatrisations (Paris) : 17-19 janvier 2010.
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