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Pompiers/Samu : sous le feu d’une nouvelle guerre à Lyon ?

Publié le 08/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Lyon, le lundi 8 mars 2010 – L’appel du Président de la République, en septembre 2007, à l’occasion du congrès de la Fédération nationale des sapeurs pompiers de France, ne semble pas avoir été parfaitement entendu. Face aux tensions existant entre les services du Samu et des sapeurs pompiers, concernant notamment les champs d’intervention des uns et des autres, Nicolas Sarkozy avait souhaité que soient évitées ces « querelles de chapelle ». Si un climat d’apaisement a prévalu ces dernières années et s’il a été rappelé combien les tensions administratives qui se manifestent parfois très vivement ne reflètent pas la réalité du terrain où la coopération entre les équipes prévaut le plus souvent, de fortes dissensions peuvent encore se faire jour. La région lyonnaise nous en offre aujourd’hui un exemple qui indique que les conflits entre ces spécialistes de l’urgence peuvent parfois être du domaine financier.

A qui revient la facture ?

A l’origine de la bataille de chiffres qui se déroule aujourd’hui à Lyon, un référentiel établi en juin 2008 entre le Service départemental de secours et d’incendie du Rhône (SDIS) et les services du Samu dépendant des hospices civils de Lyon (HCL). Le texte était entre autres destiné à déterminer de façon précise à quel service incombe la charge des frais. Il était ainsi souligné que lors d’un déplacement des pompiers face à une situation ne relevant pas de « leurs missions propres », les SDIS pouvaient transférer la facture au Samu. A cet égard, il était cependant précisé, comme nous le rappelle ce lundi 8 mars le quotidien lyonnais, le Progrès que c’est « la nature de l’intervention qui définit qu’elle ne relève pas d’une mission propre et non la qualité du prescripteur ou du lieu de réception de l’appel ». Ainsi, tout appel passé au 15 et nécessitant un déplacement des pompiers ne peut être considéré comme une intervention dépassant les missions propres de ces derniers.

Un appui logistique cher payé

Fort de ce référentiel, le SDIS vient de présenter une facture particulièrement élevée aux HCL, invités à s’acquitter de la somme de 500 000 euros. Il s’agit des frais engendrés lors de déplacements des pompiers comme « appui logistique » du Samu, selon les SDIS. L’interprétation du référentiel ne semble cependant pas similaire pour chacune des deux parties. Dans une note de service, datée du 1er février, et reproduite ce 5 mars par le site Radio Scoop, le groupement hospitalier lyonnais assure que le « SDIS 69 sollicite de la part des HCL la rémunération de tous les transports VSAV (Véhicule de secours et d'assistance aux victimes, nrdl), réalisés conjointement avec le SMUR, et ce quels qu’en soient l’origine (18 ou 15) et le motif (prompt secours, intervention simultanée, demande d’appui logistique) ». Or, cette « demande est argumentée par une lecture du texte très éloignée de la nôtre et vraisemblablement de la réalité, consistant à considérer que le transport d’un patient par le VSAV en cas d’intervention conjointe d’un véhicule médical léger (VML) du SMUR, constitue un renfort logistique du SAMU 69 », regrette la note de service.

Les médecins du SAMU invités à faire cavalier seul le plus souvent possible

Cette divergence d’interprétation et cette contestation des HCL pourraient avoir des conséquences sur le terrain. Ayant acquis plusieurs nouvelles ambulances et n’hésitant pas à faire appel à des véhicules privés, le SAMU 69 a lancé, à titre expérimental, du 2 au 15 février une nouvelle procédure dont l’objectif était de se passer le plus possible de l’intervention des pompiers, à condition, évidemment, que l’état des victimes n’ait pas à en souffrir. Cette initiative témoigne de la détermination du SAMU de modifier sa politique, quand bien même « l’efficacité et la qualité » de la collaboration entre ses services et ceux des pompiers sont aujourd’hui « reconnues par tous ».

La DHOS invitée à se prononcer

Aujourd’hui, alors que les directions du SAMU et du SDIS se refusent à communiquer sur ce point, la préfecture leur ayant demandé de garder le silence sur ce dossier, selon le Progrès, la balle semble dans le camp de la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS). Elle doit en effet se prononcer sur la légitimité de cette facture, qui vient rappeler l’urgence de proposer de nouvelles directives sur les interventions conjointes des pompiers et du SAMU.



Aurélie Haroche



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