La cicatrisation des plaies du pied chez le diabétique ne
peut-être obtenue que si on parvient à éviter un appui trop
important sur la zone lésée, ce qui suppose une « mise en
décharge » suffisante pour favoriser une bonne évolution tout
en restant compatible avec la marche.
Le gold standard en la matière reste la botte plâtrée.
Mais d’autres moyens sont à notre disposition, le choix étant dicté
par la localisation de la lésion, son stade et l’état général du
patient mais aussi son activité, sa compliance et l’accessibilité
aux traitements envisagés.
Il peut s’agir de chaussures à usage thérapeutique temporaire
(CHUT) pouvant être proposées dès la première consultation en cas
de maux perforants plantaires (CHUT Dr Barouk) ou pour les plaies
du talon (chaussure Sanital ou Teraheal), de chaussures
thérapeutiques à usage prolongé (CHUP) pour pallier l’absence de
chaussage satisfaisant dans le commerce, de dispositifs
transitoires d’aide à la cicatrisation du pied (DTACP), de
chaussures sur mesure en cas de déformations graves de
l’avant pied. L’adaptation des semelles thermomoulées optimise la
décharge. Parfois cependant, des appareillages plus complexes avec
appui sous rotulien sont nécessaires.
Dans une étude menée sur 78 patients (au total 208 plaies sur
105 pieds !) dont 59 avaient des plaies de stade 3 et 54 des
complications à type de neuropathie et d’artériopathie, une
cicatrisation définitive a été obtenue, en utilisant ces différents
moyens, pour plus de 80 % des lésions (sans aucune récidive
au cours de l’évolution dans 60 % des cas). La prise en charge a
été assurée par une équipe multidisciplinaire regroupant médecin,
infirmière, podoorthésiste en collaboration avec des diabétologues,
des infectiologues, des chirurgiens vasculaires et orthopédistes et
des dermatologues.
Dr Marie-Line Barbet
Ehrler S et coll. : Mise en décharge des plaies du pied diabétique. 14e Conférence Nationale des Plaies et Cicatrisations (Paris) : 17-19 janvier 2010.
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