Paris, le mardi 9 mars 2010 – Quand sonna en France la fin du
recours aux Médicaments non utilisés (MNU) dans un but
humanitaires, l’organisation Pharmacie humanitaire internationale
(PHI) ne cachait pas sa déception. Jean-Marc Merle, son président,
prédisait sombrement : « La loi a été votée, nous nous sommes
battus pour l’éviter et on n’a pas réussi. Je pense qu’elle ne va
rien changer, si ce n’est des problèmes d’approvisionnement pour
les pays en voie de développement ». Pourtant, un an après cette
décision, PHI semble avoir connu sous l’égide de cette nouvelle
législation, un élan salutaire. L’organisation animée par plusieurs
pharmaciens est en effet aujourd’hui au cœur de la distribution
humanitaire de médicaments sur le territoire français. Grâce à un
accord conclu avec la Caisse nationale d’assurance maladie (UNCAM),
elle préside en effet le circuit d’acheminement des produits, des
laboratoires pharmaceutiques partenaires jusqu’aux personnes « en
situation de précarité ou d’exclusion ». Ainsi, PHI s’est rapproché
de plusieurs laboratoires pharmaceutiques et d’un répartiteur, qui
lui permet d’assurer entre 30 à 60 jours de stock. Recevant les
produits délivrés par l’industrie, PHI joue le rôle de «
distributeur en gros à vocation humanitaire ». C’est à partir de
cette organisation et uniquement auprès d’elle que « les centres et
structures disposant d’équipes mobiles de soins autorisés à
délivrer des médicaments » peuvent être approvisionnés. En vertu de
ce circuit, 11 tonnes de médicaments ont pu être distribués entre
le 1er janvier et le 31 décembre 2009, dont cinq tonnes depuis le
30 septembre, comme l’indiquait il y a quelques semaines dans sa
lettre trimestrielle PHI.
Au-delà des frontières françaises
L’évolution de l’organisation ne devrait pas s’arrêter là :
aujourd’hui, « l’établissement pharmaceutique » de PHI est appelé à
exercer une mission internationale. Il s’agira de contribuer à la
distribution de médicaments dans les pays les plus pauvres et/ou
frappés par une catastrophe, tout en se conformant aux nouvelles
règles en vigueur, qui excluent le recours au MNU. Le président de
l’association indique que le nouveau département de «
l’établissement pharmaceutique » devrait être « opérationnel dans
quelques mois ». Déjà, PHI, comme son nom l’indique œuvre partout
dans le monde pour améliorer l’accès des populations les plus
démunies et fragiles à des soins et des médicaments de qualité.
Elle est ainsi présente au Bénin, dans les Balkans, au Cameroun
mais aussi à Haïti. Dans ces différents états, une des missions de
PHI est de contribuer sur place à une meilleure utilisation des
médicaments, grâce notamment au développement de pharmacies
hospitalières plus performantes.
Aurélie Haroche
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