Paris, le mardi 9 mars 2010 – Médecins généralistes en mal de
reconnaissance, infirmières refusant de devoir sacrifier leur droit
à un départ à la retraite à 55 ans, soignants des hôpitaux
franciliens inquiets des restructurations annoncées : tous ont
choisi cette semaine précédant le premier tour des élections
régionales pour faire entendre leurs revendications et leur colère.
Le point d’orgue de cette semaine de protestation touchant
l’ensemble du secteur de la santé est prévu ce jeudi 11 mars, jour
choisi par deux mouvements d’omnipraticiens et par plusieurs
syndicats d’infirmiers pour présenter leurs doléances et
revendications.
C à 23 euros et HPST
C’est ainsi que MG France, Union Généraliste, l’Union collégiale
et le syndicat national des médecins généralistes (SNMG) proposent
aux omnipraticiens de participer à un mouvement baptisé « La France
sans médecins généralistes ». Avec cette manifestation, les quatre
organisations semblent décidées à lancer la bataille du C à 23
euros : l’alignement du tarif de la consultation des généralistes
sur celui des spécialistes est en effet le cheval de bataille de
ces syndicats pour 2010. Parallèlement à cette opération, en
Eure-et-Loire, c’est l’ensemble des professionnels de santé
libéraux qui sont appelés à fermer leurs cabinets afin de protester
contre « l’étatisation du système de santé » promise, selon les
syndicats locaux, par l’application de la loi Hôpital patient santé
territoire (HPST).
Un jeu de dupes qui attise la colère des infirmières
A la collision, potentiellement dommageable pour la visibilité
des messages, entre ces deux mouvements distincts des praticiens,
s’ajoute l’organisation d’une manifestation rassemblant des
infirmières en colère ce même 11 mars. A l’appel de cinq
organisations, ces professionnelles de santé devraient participer à
un mouvement de grève destiné à dénoncer la teneur du protocole
d’accord du 2 février qui subordonne le passage des infirmières en
catégorie A à leur renoncement à un départ à la retraite à 55 ans.
Fer de lance de cette action, le Syndicat national des
professionnels infirmiers s’indigne notamment des économies qui
pourraient être réalisées par les pouvoirs publics sous couvert
d’une augmentation des rémunérations.C’est un avis rendu par le
rapporteur de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée
nationale qui lui permet d’étayer cet argumentaire. Celui-ci
signale en effet que « La suppression de la catégorie active aura
pour effet de retarder le départ à la retraite des agents et donc
de générer des économies importantes pour le régime de retraite de
la fonction publique hospitalière, la CNRACL Caisse nationale de
retraites des agents des collectivités locales. On assistera en
effet à une moindre charge de pensions, liée au décalage des
départs, pour les régimes de retraite ; et à un supplément de
cotisation au titre des infirmiers qui prolongent leur activité.
Selon l’objectif visé par le ministère d’un taux d’option pour la
catégorie A de 75 % parmi les infirmiers susceptibles de liquider
leur retraite dans la décennie, l’impact annuel de la mesure sur
les comptes de la CNRACL serait un gain total de : 90 millions en
2011, 184 millions en 2012, 439 millions en 2015 », découvre-t-on.
Le calcul ne manque pas d’attiser l’ire déjà importante du SNPI qui
observe : « En résumé (…) on nous prend d’une main ce que l’on nous
donne à l’autre ». La révélation de ce « jeu de dupes » pourrait
contribuer à faire grossir les défilés après-demain.
Manifestations contre les restructurations des établissements
de l’AP-HP
Enfin, pour les praticiens et infirmières qui auraient boudé les
manifestations de jeudi, une séance de rattrapage leur sera offerte
vendredi. Après une première opération de sensibilisation hier,
lundi 8 mars, dédiée à la défense de l’hôpital Trousseau, les
agents de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris doivent en
effet participer à un rassemblement devant le siège de
l’institution ce 12 mars à l’appel de la CFDT, CFTC, FO, SUD Santé
et l’Usap CGT.
Aurélie Haroche
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