C’est le taux de la glycémie à jeun qui est habituellement
utilisé pour diagnostiquer le diabète sucré tandis que le taux
d’HbA1c sert à contrôler sur le long terme l’équilibre glycémique.
Néanmoins, récemment, l’ADA (American Diabetes
Association) a recommandé le dosage de l’hémoglobine
glycosylée dans le diagnostic du diabète en se basant
essentiellement sur l’association prouvée qui existe entre HbA1c et
complications microvasculaires.
Le but de l’étude rapportée ici a été de montrer que l’HbA1c est
supérieure à la glycémie à jeun comme indicateur du risque de
devenir diabétique, de développer une pathologie cardiovasculaire,
et du risque de décès. Pour cela, les auteurs ont mesuré
l’hémoglobine glycosylée chez 11 092 adultes indemnes de diabète ou
de maladie cardiovasculaire, patients provenant de la cohorte
d’étude ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities) sur un
suivi moyen de 14 ans.
Les résultats montrent que le taux d’HbA1c à l’inclusion est
corrélé à l’apparition d’un diabète et de maladies
cardiovasculaires. En effet, pour le diabète, le risque relatif
ajusté est respectivement de 0,52 (0,40 à 0,69), de 1,00
(référence), de 1,86 (1,67 à 2,08), de 4,48 (3,92 à 5,13) et de
16,47 (14,22 à 19,08) pour des fourchettes croissantes d’HbA1c :
moins de 5 %, de 5 à 5,5 %, de 5,5 à 6 %, de 6 à 6,5 % et de plus
de 6,5 % (avec un intervalle de confiance à 95 %). Pour la
pathologie coronarienne, le risque relatif était pour les mêmes
fourchettes d’HbA1c respectivement de 0,96 (0,74 à 1,24), de 1,00
(référence), de 1,23 (1,07 à 1,41), de 1,78 (1,48 à 2,15) et de
1,95 (1,53 à 2,48). Les résultats étaient similaires pour l’AVC. A
l’inverse, la glycémie à jeun n’était pas corrélée
significativement avec le risque de maladie cardiovasculaire ou de
décès.
Une HbA1c à l’inclusion de 6 % ou plus est donc hautement
prédictive d’apparition de diabète, et ce indépendamment du taux de
glycémie à jeun.
Au total, les résultats montrent que l’hémoglobine glycosylée
est corrélée au risque de diabète au même niveau que la glycémie à
jeun, mais qu’elle est plus puissamment corrélée au risque de
pathologie cardiovasculaire et de décès que cette dernière ; c’est
donc un marqueur du risque cardiovasculaire.
Dr Stéphanie Girard
Selvin E et coll. : Glycated hemoglobin, diabetes, and cardiovascular risk in nondiabetic adults. N Engl J Med., 2010; 362: 800-11.
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