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Casser la spirale de l’auto-agressivité

Publié le 10/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

En raison du rayonnement exceptionnel de la langue anglaise sur toute la planète, la lecture des articles du British Journal of Psychiatry s’apparente souvent à un tour du monde dans un fauteuil… Cette livraison du périodique britannique ne déroge pas à la règle en nous proposant une étude, made in Taiwan en l’occurrence, sur le risque à moyen terme associé aux comportements d’auto-agressivité, réputés annonciateurs d’un passage à l’acte suicidaire. Mais aucune étude comparable (portant sur près d’un millier de patients) n’avait encore vérifié précisément cette association inquiétante chez une population d’Extrême-Orient.

Réalisée à cet effet, cette publication montre que les sujets violents contre eux-mêmes ont un risque plus élevé de récidive, notamment pendant la première année. Et réciproquement, près de la moitié des patients vus dans les services d’urgences pour un tel problème avaient déjà des antécédents d’auto-agressivité. Cette vulnérabilité vaut en particulier pour les femmes, et elle concerne aussi bien les automutilations par arme blanche (comme les phlébotomies) que les tentatives de suicide par intoxication médicamenteuse ou empoisonnement chimique.

Si les risques cumulés de récidive augmentent avec le temps (5,7 % pour la première année ; 7,8 % la seconde année ; et 9,5 % pour la quatrième année), la menace de réitération d’un geste auto-agressif se révèle maximale dans les suites rapprochées de cet événement, lequel doit donc avoir une valeur d’appel à l’aide pour l’entourage comme pour les praticiens s’efforçant de réduire la répétition de ces comportements auto-agressifs. Dans l’espoir de casser enfin cette spirale infernale, les stratégies de prévention du suicide doivent en priorité, estiment les auteurs, « se concentrer sur l’intervention auprès de ces sujets » aux antécédents d’auto-agressivité. Car ce contexte prédispose les intéressés à des récidives insidieuses, malgré le caractère a priori moins radical des méthodes auxquelles ils seraient susceptibles de recourir.



Dr Alain Cohen


Chen VCH et coll. : Non-fatal repetition of self-harm: population-based prospective cohort study in Taiwan. Br J of Psychiatry 2010; 196-1 : 31-35.


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