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Quand les parents sont au chevet de leur enfant en réa pédiatrique

Publié le 11/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Droit inscrit dans la charte de l’enfant hospitalisé, la présence libérale des parents dans les services de pédiatrie a des conséquences sur la sécurité des patients et de leurs parents dans les unités de réanimation infantile.

B Frey et coll. ont retrouvé une centaine d’incidents impliquant à des titres divers les parents dans le système de recueil des incidents d’une unité de réanimation pédiatrique et néonatale de 19 lits et de l’unité de post-réanimation néonatale connexe de 16 lits.

La présence des parents est complètement libre dans ces deux unités depuis 2004 (auparavant elle n’était autorisée qu’entre 11 et 22 heures). La déclaration des incidents est effectuée par le personnel soignant de façon volontaire, anonyme, et non punitive.

Les incidents impliquant les parents représentent 4 % (101/2494) de la totalité des incidents déclarés de janvier 2002 à août 2007.

Les deux premières catégories correspondent à des « évènements indésirables liés aux soins » provoqués (n=18) ou détectés (n=11) par les parents. Par ordre de fréquence décroissante, il s’agit d’erreurs médicamenteuses, de déconnections de lignes vasculaires ou de drains, de traumatismes et de fautes d’hygiène. Ainsi, les parents ont déconnecté six fois un cathéter ou un drain en manipulant leur enfant ; en revanche, depuis la suppression des heures de visite ils ont découvert sept fois une erreur de posologie d’un médicament, le délai médian de la découverte étant de 10 heures.

La troisième catégorie, plus floue, regroupe tous les incidents dont ont été victimes les parents (n=72), du manque de communication (parents pas avertis du transfert de l’enfant ou du report d’une intervention chirurgicale) aux confusions dans les biberons de lait de mère tiré, obligeant à prélever des sérodiagnostics à quelques mères.

Tous ces incidents ont été analysés par le personnel soignant. Fort heureusement, la plupart ne comportaient qu’un danger potentiel, et aucun d’eux n’a eu de conséquence létale. Des mesures correctives ont été mises en œuvre pour éviter les récidives : instruction des parents, meilleur étiquetage des biberons de lait de mère tiré…

La présence libérale des parents dans les unités néonatales et pédiatriques a des avantages émotionnels considérables pour les enfants hospitalisés. Mais elle interfère aussi avec la qualité des soins et la sécurité des patients, notamment en réanimation. Bien que non exhaustive, l’étude de B Frey et coll. lève le voile sur le rôle ambivalent des parents dans les évènements indésirables qui peuvent toucher leurs enfants. Les parents doivent être instruits avant de s’occuper de leur enfant et supervisés pendant. Ils n’ont pas vocation a assurer, dans ce cadre, la sécurité de leur enfant, mais ils doivent être encouragés à signaler tout ce qui leur semble anormal.



Dr Jean-Marc Retbi


Frey B et coll. Involvement of parents in critical incidents in a neonatal-pediatric intensive care unit. Qual Saf Health Care 2009 ; 18 : 446-449


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