La BPCO est un problème de santé publique dont l’incidence
augmente. Cette affection est encore sous-diagnostiquée, et quand
elle est diagnostiquée, la maladie est souvent déjà évoluée. Les
raisons sont multiples, la toux est ainsi le plus souvent banalisée
par les fumeurs et fréquemment ignorée des médecins, la mesure
systématique du souffle n’est pas encore devenue un acte aussi
courant que celui de la mesure tensionnelle. Pourrait-on améliorer
le dépistage de la BPCO en impliquant les pharmaciens ? Ceux-ci
sont en effet en contact avec les patients et ces derniers leur
demandent souvent des conseils de santé. Les pharmaciens
peuvent-ils ainsi être à même de dépister la BPCO ? Pour le savoir,
neuf pharmaciens ont été formés à la maladie BPCO et à
l’utilisation d’un mini-spiromètre le PIKO-6.
Dans leurs officines, les pharmaciens demandaient aux fumeurs de
remplir un questionnaire de 5 item tirés des recommandations GOLD
(Global Initiative for Chronic obstructive Lung Disease).
Ceux ayant répondu « Oui » à au moins 3 questions étaient invités à
mesurer leur souffle à l’aide du PIKO-6. Lorsque le rapport
VEMS/VEM6 était ≤ 0,7, le pharmacien conseillait à son client de
consulter son médecin traitant. En deux mois, 672 clients des 9
pharmaciens ont répondu au questionnaire (soit 75 clients recrutés
en moyenne par pharmacie et 1,7 client par jour et par pharmacien
en comptant 22 jours d’ouverture par mois). trois cent dix-neuf
personnes (47,5 %) ayant répondu « Oui » à au moins trois questions
ont eu une mesure de leur souffle. Cent dix-huit personnes, soit
37,0 %, avaient un VEMS/VEM6 ≤ 0,7.
Au total, le dépistage par le pharmacien a permis de conseiller
à 17,5 % des fumeurs d’aller consulter leur médecin. Cette étude,
dont les résultats ont d’ailleurs été confirmés par une étude
espagnole du même type, montre l’utilité que pourrait avoir les
pharmaciens dans le dépistage de la BPCO. La France comptant 22 500
pharmacies, on imagine facilement l’utilité d’une telle mesure de
dépistage. En se basant en première approximation sur les chiffres
bruts de cette étude, si 5 000 pharmacies participaient à ce
dépistage, en deux mois elles pourraient avoir recruté 375 000
fumeurs et dépisté plus de 65 500 personnes susceptibles d’avoir
une BPCO. De quoi rêver !
Dr Emmanuel Cuzin
Escamilla R et coll. : Dépistage de la BPCO par le pharmacien d’officine : résultats d’une étude pilote sur la région toulousaine. 14ème congrès de pneumologie de langue française (Marseille) : 29 janvier au 1er février 2010.
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L'expérience de l'Auvergne
Le 13 mars 2010
Cet article m'a particulièrement interessé.
Nous réalisons, en effet, dans le cadre des activités du Comité Régional Auvergne contre les Maladies Respiratoires, un dépistage de ce type dans 150 officines qui ont accepté, après une formation préalable, de participer à ce dépistage pour une période de 3 ans.
Ce projet a débuté en novembre 2008 et nous traitons actuellement les résultats de la première année.
Pour réaliser ce dépistage, notre comité a fourni gratuitement un "kit", comprenant un spiromètre permettant de mesurer le Débit de pointe et le VEMS, des embouts, à usage unique, sécurisés, et un carnet à souches sur lequel le sujet fumeur (ou ex-fumeur) note les valeurs de 3 séries de mesures, ainsi que les valeurs de références qu'il consulte sur l'affiche, exposée en face du lieu où se font les mesures. Le pharmacien nous adresse le carnet, une fois complet, avec la copie des informations recueillies.
Lorsque les valeurs sont inférieures aux références, nous conseillons au sujet de consulter son médecin traitant qui prend contact avec nous pour nous indiquer le résultat complet du bilan bronchopulmonaire.
Pr Jean Coudert
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