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Dépistage de la BPCO par les pharmaciens ?

Publié le 12/03/2010   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La BPCO est un problème de santé publique dont l’incidence augmente. Cette affection est encore sous-diagnostiquée, et quand elle est diagnostiquée, la maladie est souvent déjà évoluée. Les raisons sont multiples, la toux est ainsi le plus souvent banalisée par les fumeurs et fréquemment ignorée des médecins, la mesure systématique du souffle n’est pas encore devenue un acte aussi courant que celui de la mesure tensionnelle. Pourrait-on améliorer le dépistage de la BPCO en impliquant les pharmaciens ? Ceux-ci sont en effet en contact avec les patients et ces derniers leur demandent souvent des conseils de santé. Les pharmaciens peuvent-ils ainsi être à même de dépister la BPCO ? Pour le savoir, neuf pharmaciens ont été formés à la maladie BPCO et à l’utilisation d’un mini-spiromètre le PIKO-6.

Dans leurs officines, les pharmaciens demandaient aux fumeurs de remplir un questionnaire de 5 item tirés des recommandations GOLD (Global Initiative for Chronic obstructive Lung Disease). Ceux ayant répondu « Oui » à au moins 3 questions étaient invités à mesurer leur souffle à l’aide du PIKO-6. Lorsque le rapport VEMS/VEM6 était ≤ 0,7, le pharmacien conseillait à son client de consulter son médecin traitant. En deux mois, 672 clients des 9 pharmaciens ont répondu au questionnaire (soit 75 clients recrutés en moyenne par pharmacie et 1,7 client par jour et par pharmacien en comptant 22 jours d’ouverture par mois). trois cent dix-neuf personnes (47,5 %) ayant répondu « Oui » à au moins trois questions ont eu une mesure de leur souffle. Cent dix-huit personnes, soit 37,0 %, avaient un VEMS/VEM6 ≤ 0,7.

Au total, le dépistage par le pharmacien a permis de conseiller à 17,5 % des fumeurs d’aller consulter leur médecin. Cette étude, dont les résultats ont d’ailleurs été confirmés par une étude espagnole du même type, montre l’utilité que pourrait avoir les pharmaciens dans le dépistage de la BPCO. La France comptant 22 500 pharmacies, on imagine facilement l’utilité d’une telle mesure de dépistage. En se basant en première approximation sur les chiffres bruts de cette étude, si 5 000 pharmacies participaient à ce dépistage, en deux mois elles pourraient avoir recruté 375 000 fumeurs et dépisté plus de 65 500 personnes susceptibles d’avoir une BPCO. De quoi rêver !



Dr Emmanuel Cuzin


Escamilla R et coll. : Dépistage de la BPCO par le pharmacien d’officine : résultats d’une étude pilote sur la région toulousaine. 14ème congrès de pneumologie de langue française (Marseille) : 29 janvier au 1er février 2010.



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Vos réactions

L'expérience de l'Auvergne

Le 13 mars 2010

Cet article m'a particulièrement interessé.
Nous réalisons, en effet, dans le cadre des activités du Comité Régional Auvergne contre les Maladies Respiratoires, un dépistage de ce type dans 150 officines qui ont accepté, après une formation préalable, de participer à ce dépistage pour une période de 3 ans.
Ce projet a débuté en novembre 2008 et nous traitons actuellement les résultats de la première année.
Pour réaliser ce dépistage, notre comité a fourni gratuitement un "kit", comprenant un spiromètre permettant de mesurer le Débit de pointe et le VEMS, des embouts, à usage unique, sécurisés, et un carnet à souches sur lequel le sujet fumeur (ou ex-fumeur) note les valeurs de 3 séries de mesures, ainsi que les valeurs de références qu'il consulte sur l'affiche, exposée en face du lieu où se font les mesures. Le pharmacien nous adresse le carnet, une fois complet, avec la copie des informations recueillies.
Lorsque les valeurs sont inférieures aux références, nous conseillons au sujet de consulter son médecin traitant qui prend contact avec nous pour nous indiquer le résultat complet du bilan bronchopulmonaire.

Pr Jean Coudert

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