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Le risque d’Alzheimer dans les muscles ?

Publié le 15/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La diminution de la force musculaire (DFM) est associée avec diverses pathologies et leur pronostic chez le sujet âgé. Peu d’études ont recherché un lien entre ces troubles musculaires et le risque de déclin cognitif léger (DCL) ou encore celui de démence type Alzheimer (DTA). 

Une étude de cohorte prospective type observation a inclus plus de 900 sujets âgés vivant tous au sein de la communauté urbaine de Chicago (Illinois), hors des institutions spécialisées. A l’état basal, il n’existait aucun signe de démence ou de DCL. A ce moment précis, la FM a été mesurée au sein de neuf groupes musculaires des membres inférieurs et supérieurs, mais aussi au niveau des muscles axiaux. Un score composite a été calculé à partir des résultats obtenus dans ces territoires musculaires. La survenue d’une DTA ou encore d’un DCL a été activement recherchée tout au long d’un suivi d’une durée moyenne de 3,6 années.

Au total, 138 participants ont développé une DTA au cours de cette période d’observation. Sur le plan statistique, le modèle des risques proportionnels a été appliqué aux données en intégrant l’âge, le sexe et le niveau socio-éducatif. Chaque  unité de la FM en plus à l’état basal a été associée à une réduction du risque de DTA d’environ 43 %, le risque relatif correspondant étant en effet de 0,57 (IC 95 %, 0,41-0,79. Cette association a résisté à d’autres ajustements intégrant notamment l’indice de masse corporelle, l’activité physique, la fonction respiratoire, les facteurs de risque cardiovasculaire et le statut de l’apolipoprotéine E4. 

D’autres modèles à effets mixtes ont été utilisés avec ajustement en fonction de l’âge, du sexe, de l’état socio-éducatif et des performances cognitives globales mesurées à l’état basal. Même dans ce cas de figure, la FM a été associée à un ralentissement du déclin cognitif, relevant d’un DCL ou non (p<0,001). Ce paramètre a été également relié au risque de DCL qui est le précurseur de la DTA ou d’autres démences, là aussi de manière significative  (p<0,001), le risque relatif étant, dans cette configuration de 0,67 (IC95 % ; 0,54-0,94).

Ces résultats énigmatiques plaident en faveur d’une association significative entre la DFM et le risque de DCL ou de DTA chez le sujet âgé.  A confirmer… les facteurs de confusion ou les biais étant nombreux dans ce type d’étude. En outre, l’association entre deux variables n’est pas nécessairement un lien de causalité.



Dr Philippe Tellier


Boyle PA et coll. Association of Muscle Strength With the Risk of Alzheimer Disease and the Rate of Cognitive Decline in Community-Dwelling Older Persons. Arch Neurol 2009; 66: 1339-1344.




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