La diminution de la force musculaire (DFM) est associée avec
diverses pathologies et leur pronostic chez le sujet âgé. Peu
d’études ont recherché un lien entre ces troubles musculaires et le
risque de déclin cognitif léger (DCL) ou encore celui de démence
type Alzheimer (DTA).
Une étude de cohorte prospective type observation a inclus plus
de 900 sujets âgés vivant tous au sein de la communauté urbaine de
Chicago (Illinois), hors des institutions spécialisées. A l’état
basal, il n’existait aucun signe de démence ou de DCL. A ce moment
précis, la FM a été mesurée au sein de neuf groupes musculaires des
membres inférieurs et supérieurs, mais aussi au niveau des muscles
axiaux. Un score composite a été calculé à partir des résultats
obtenus dans ces territoires musculaires. La survenue d’une DTA ou
encore d’un DCL a été activement recherchée tout au long d’un suivi
d’une durée moyenne de 3,6 années.
Au total, 138 participants ont développé une DTA au cours de
cette période d’observation. Sur le plan statistique, le modèle des
risques proportionnels a été appliqué aux données en intégrant
l’âge, le sexe et le niveau socio-éducatif. Chaque unité de
la FM en plus à l’état basal a été associée à une réduction du
risque de DTA d’environ 43 %, le risque relatif correspondant étant
en effet de 0,57 (IC 95 %, 0,41-0,79. Cette association a résisté à
d’autres ajustements intégrant notamment l’indice de masse
corporelle, l’activité physique, la fonction respiratoire, les
facteurs de risque cardiovasculaire et le statut de
l’apolipoprotéine E4.
D’autres modèles à effets mixtes ont été utilisés avec
ajustement en fonction de l’âge, du sexe, de l’état socio-éducatif
et des performances cognitives globales mesurées à l’état basal.
Même dans ce cas de figure, la FM a été associée à un
ralentissement du déclin cognitif, relevant d’un DCL ou non
(p<0,001). Ce paramètre a été également relié au risque de DCL
qui est le précurseur de la DTA ou d’autres démences, là aussi de
manière significative (p<0,001), le risque relatif étant,
dans cette configuration de 0,67 (IC95 % ; 0,54-0,94).
Ces résultats énigmatiques plaident en faveur d’une association
significative entre la DFM et le risque de DCL ou de DTA chez le
sujet âgé. A confirmer… les facteurs de confusion ou les
biais étant nombreux dans ce type d’étude. En outre, l’association
entre deux variables n’est pas nécessairement un lien de
causalité.
Dr Philippe Tellier
Boyle PA et coll. Association of Muscle Strength With the Risk of Alzheimer Disease and the Rate of Cognitive Decline in Community-Dwelling Older Persons. Arch Neurol 2009; 66: 1339-1344.
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