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Cancer du poumon non à petites cellules : traitement en première ligne par les inhibiteurs de tyrosine kinase de l’EGFR ?

Publié le 17/03/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Quatre vingt pour cent des cancers du poumon sont des cancers non à petites cellules (CBNPC). Au moment du diagnostic, la maladie est avancée et n’est pas résécable dans 70 % des cas. Par ailleurs, 15 à 30 % de ces CBNPC surviennent chez des non fumeurs et ce sont en général des adénocarcinomes. Or, on sait aujourd’hui que la plupart des cancers du non fumeur sont déclenchés par une mutation des exons 19 et 21 du gène du récepteur du facteur de croissance épithélial (EGRF).

Initialement, on a observé que le bénéfice clinique des inhibiteurs de tyrosine kinase de l’EGFR (EGRF TKI) (prescrits en 2e ou en 3e ligne) était plus important chez des femmes non fumeuses ayant un adénocarcinome avec un taux de mutations important de l’EGRF. Des études cliniques menées ensuite avec ces  molécules ont montré un taux de réponse élevé chez les patients recevant ce traitement en première ligne.

Dans cette étude randomisée en phase III (IPASS pour Iressa PAn-ASia Study) conduite chez 1 217 patients non fumeurs ayant un adénocarcinome bronchopulmonaire, un EGRF TK I a été comparé à un sel de platine en première intention. Ces patients provenaient de 9 pays asiatiques (où le taux de mutation du récepteur de l’EGRF est le plus important).

Les résultats montrent une supériorité significative pour le traitement par EGRF TK I  (comparativement à l’autre traitement) sur le taux de survie sans progression (Hazard Ratio [HR] = 0,74 ; p < 0,0001) et la réponse tumorale. L’analyse de la tumeur réalisée chez 461 patients montre que la survie sans progression est significativement beaucoup plus longue en présence d’une mutation pour EGFR (HR = 0,48 ; p < 0,0001), alors que le temps de survie sans progression est beaucoup plus faible en l’absence de mutation. Le taux de réponse tumorale sous EGRF TK I est de 71,1 % en présence de mutation et de 1,1 % en l’absence de mutation.

Pour les auteurs, les EGFR TK I représentent une option thérapeutique nouvelle pour les patients ayant des mutations sur le gène de l’EGRF. A contrario, ce traitement ne doit pas être proposé aux patients n’ayant pas de mutations. En conclusion, les auteurs estiment que l’adénocarcinome pulmonaire du non-fumeur et une entité clinique à part, dont la pathogénie et l’évolution sont particulières. Puisque ce cancer dépend de la mutation de l’EGRF, le traitement standard de première ligne devrait désormais reposer sur les inhibiteurs de tyrosine kinase de l’EGFR.



Dr Emmanuel Cuzin


Mok T : Non smoking adenocarcinoma of lung. 21st International Congress on Anti-Cancer Treatment/ICACT (Paris) : 1er-5 février 2010.



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