Ces dernières semaines nous nous sommes penchés, grâce à des
équipes d’épidémiologistes soutenus par la Fondation Bill et
Melinda Gates, sur l’évolution de la mortalité maternelle et de
celles des adultes dans le monde depuis une quarantaine d’année.
Nous concluons ce tour d’horizon avec un travail de Robert Black et
coll. sur la mortalité infantile dans le monde en 2008.
Cette étude très touffue (19 pages du Lancet !) a été
cette fois réalisée grâce au soutien conjoint de l’OMS, de l’UNICEF
et de la Fondation Bill et Melinda Gates. Elle nous livre une
photographie de l’état sanitaire de la planète, encore un peu floue
en raison des incertitudes liées aux diverses méthodologies
utilisées. Il faut en particulier souligner le fait que, malgré les
progrès réalisés dans le recensement des décès et dans l’analyse de
leurs causes, on ne dispose de données complètes et fiables que
pour 76 pays ne représentant que 4 % des morts infantiles !
Des progrès depuis 2003…
Une première constatation autorise un certain optimisme : alors
qu’en 2003, on estimait que 10,6 millions d’enfants mourraient
chaque année dans le monde avant leur 5ème anniversaire, ils
n’auraient plus été « que » 8,795 millions en 2008 (malgré un
accroissement de la population). Cette amélioration a porté plus
sur la mortalité après le premier mois que sur la mortalité
néonatale.
En dehors de cette note d’espoir, les autres enseignements de ce
travail sont moins positifs. Globalement l’objectif que s’étaient
fixé les institutions internationales, réduire des deux tiers la
mortalité infantile entre 1990 et 2015, paraît hors de portée.
…mais toujours des pathologies accessibles à la prévention ou
au traitement…
Dans le détail, chez les nouveau-nés (0 à 27 jours) sur les
3,575 millions de décès, les trois premières causes sont par ordre
décroissant les complications de la prématurité, les asphyxies
néonatales et les sepsis. Chez les enfants de un mois à cinq ans,
les 3 étiologies principales sont dans l’ordre, les diarrhées, les
pneumonies et les autres infections, le paludisme n’arrivant qu’en
4ème position (732 000 décès) et le sida en 7ème (201 000). On le
voit chez les enfants de plus d’un mois, la très grande majorité
des décès sont de cause infectieuse, c'est-à-dire qu’elles
pourraient être prévenues ou traitées relativement facilement.
…et des inégalités criantes
La répartition géographique de la mortalité infantile est
également sans surprise, les états d’Afrique les plus pauvres
payant le plus lourd tribu (par exemple 1 076 000 morts par an au
Nigéria) tandis que dans les pays occidentaux, la mortalité
infantile continue de reculer (3 090 en France dont seulement 24
par diarrhées !).
A chacun d’entre nous de conclure.
Dr Anastasia Roublev
Black R et coll. : Global, regional, and national causes of mortality in 2008 : a systematic analysis. Lancet 2010 ; publication avancée en ligne le 13 mai 2010 (DOI/10.1016/S0140-6736(10)60549-1)
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Le TMM5
Le 27 mai 2010
Le TMM5 ? Merci d'en parler car c'est un véritable défi pour l'humanité toute entière et un véritable fléau dans les pays en développement. Selon le rapport de la santé dans le monde 2005, le TMM5 est modulé par 6 groupes de pathologies
1-Les pathologies néonatales: 38% des causes ;
2- Les infections respiratoires ;
3-Les maladies diarrhéiques ;
4-La rougeole ;
5-Le paludisme ;
6-VIH /SIDA.
L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime que sur 130 millions de bébés qui naissent chaque année dans le monde, 4 millions vivent moins de quatre semaines. La période néonatale compte vingt huit jours mais correspond à 38% des décès des enfants de moins de cinq ans. 99 % des cas surviennent dans les pays en développement et 1 % dans les pays développés. Parmi les 18 pays ayant les taux les plus élevés de mortalité néonatale dans le monde, 14 sont africains et essentiellement en Afrique sub-saharienne. Pourtant cette mortalité néonatale peut être prévenue par des activités simples : amélioration de l’accès aux soins ; amélioration des pratiques de médecine périnatale (respect des normes de consultations prénatales de l’OMS, vulgarisation de la méthode Kangourou pour répondre au manque de couveuses entre autre ; audits cliniques ; recyclage du personnel etc..).Tout ceci est possible par une bonne gestion des ressources, surtout humaines existantes et malheureusement soumis à la volonté politique qui décide de ce qui est prioritaire. Quand allons-nous passer de la théorie à la pratique ? La mortalité néonatale me semble être un défi pour toute l’humanité autant que l’est le VIH/SIDA et comme l’a été la variole.
Dr Augustin Ngaha, Pédiatre
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