Dans le fameux syndrome de stress post-traumatique (SSPT,
Post-Traumatic Stress Disorder : PTSD), les études en
neuro-imagerie avaient déjà mis en évidence des anomalies globales
de l’hippocampe[1], mais on méconnaissait encore l’impact plus
précis de ce syndrome sur les sous-structures de cette formation
aux caractéristiques histologiques particulières et aux fonctions
spécialisées.
Des études plus détaillées pouvant clarifier le rôle de
l’hippocampe dans le SSPT, c’était donc l’objectif assigné à ce
travail réalisé en Californie : portant sur 17 vétérans avec «
traumatisme au combat et SSPT » et 19 sujets témoins (des
vétérans sans SSPT), elle a été conçue selon la méthodologie des
essais en aveugle, c’est-à-dire que les radiologues chargés
d’analyser les clichés ne disposaient d’aucune information clinique
susceptible de les influencer.
L’imagerie en résonance magnétique à haute résolution (champ à 4
Teslas) a permis d’étudier les sous-structures [2]
(subfields) de l’hippocampe : le gyrus dentelé (gyrus
dentatus) et la corne d’Ammon (cornu Ammonis), elle-même
divisée en trois parties (CA1, CA2 et CA3). Les afférences
(informations d’entrée vers l’hippocampe) constituent le cortex
entorhinal et les efférences (informations en sortie de cet organe)
forment le subiculum.
Pour la première fois en médecine humaine, les auteurs ont pu
mettre en évidence des modifications associées à un SSPT et
concernant certaines zones précises de l’hippocampe : perte de
volume de la région CA3 et du gyrus dentelé. Ces observations sont
venues confirmer des études antérieures en médecine vétérinaire
montrant que les conditions de stress chronique compromettent la
neurogénèse (siégeant électivement dans le gyrus dentelé) et
altèrent le foisonnement des connexions dentritiques (dendritic
branching) dans ces structures.
[1] http://en.wikipedia.org/wiki/Hippocampus_anatomy
[2]
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/Hippocampus_(brain).jpg
Dr Alain Cohen
Wang Z et coll. : Magnetic resonance imaging of hippocampals subfields in posttraumatic stress disorder. Arch Gen Psychiatry 2010 ; 67 (3) : 296-303.
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