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Faire don de ses organes plutôt que de son silence

Publié le 22/06/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 22 juin 2010 – L’enquête Harris Interractive réalisée à la veille de la dixième journée de réflexion sur le don d’organes et la greffe, ce 22 juin, révèle en filigrane l’inefficacité partielle du dispositif de communication de l’Agence de biomédecine. En effet, seules 9 % des personnes interrogées ont concédé qu’une campagne d’information mise en place sur internet pourrait (enfin) les inciter à évoquer avec leurs proches la question du don d’organe, voire leur position sur le sujet. Or, outre des spots radios diffusés ces derniers jours, l’opération de sensibilisation déployée par l’Agence de biomédecine accorde une large place à la toile. Certes, les messages ciblent en priorité les plus jeunes qui sont plus sensibles aux sirènes d’internet : ils ne sont cependant que 20 % à juger qu’une campagne d’information sur le web pourrait les pousser à parler du don d’organe avec leur entourage. Cependant, si la journée nationale de réflexion du don d’organes et la greffe donnait lieu à des reportages et des émissions sur le sujet, les langues pourraient se délier. En effet, 37 % des personnes interrogées par Harris Interractive disent avoir abordé cette question après avoir visionné un reportage à la télévision.

Des Français moins généreux qu’on ne le pensait ?

Il reste de fait encore une part non négligeable de Français qui restent cois sur le sujet. Ainsi, selon l’Agence de biomédecine, 23 % des Français n’ont encore jamais évoqué le sujet avec leurs proches, tandis que l’enquête d’Harris Interractive note que 51 % des Français ont abordé la question depuis le début de l’année. Les femmes ont plus souvent le courage d’exprimer leur position en la matière, de même que la jeunesse est plus prompte à briser le silence que les plus âgés. L’enquête réalisée par Ipsos pour l’Agence de biomédecine révèle par ailleurs les motivations de ceux qui ont fait part de leur choix à leurs proches : dans 67 % des cas parce qu’ils savent que la greffe peut sauver des vies, mais également fréquemment (33 %) pour épargner à leurs proches des moments difficiles et pour que leur volonté soit respectée (25 %). L’enquête Harris Interractive révèle pour sa part que 62 % des Français ont pris leur décision concernant le don d’organe et que seule une courte majorité (52 %) souhaite le prélèvement de leurs organes après leur mort. Ces résultats sont en légère contradiction avec la plus grande générosité mise en évidence par des enquêtes précédentes. Ils sont cependant assez conformes avec la réalité : aujourd’hui, dans 30 % des cas, le prélèvement ne peut avoir lieu en raison du refus des proches du défunt.



Aurélie Haroche



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