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Plus d’élu à la présidence du conseil de surveillance de l’AP-HP

Publié le 01/07/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 1er juillet 2010 – C’était une des nouveautés de la loi Hôpital patients santé territoire (HPST) : désormais les présidents du conseil de surveillance des hôpitaux (anciennement appelé conseil d’administration) ne sont plus systématiquement des élus. Si un consensus, pour reprendre le mot du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, a été trouvé pour que les CHU ne voient pas la tradition ébranlée, il semble que l’AP-HP n’ait pas bénéficié de cet accord. Inaugurant la nouvelle règle, le plus grand CHU de France a vu accéder hier à la présidence de son conseil de surveillance, Raoul Briet, conseiller maître à la Cour des comptes, membre du Collège de la Haute Autorité de Santé et président du conseil de surveillance du Fonds de réserve pour les retraites (FRR), structure amenée à disparaître prochainement. L’ancien directeur de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS) a été préféré au troisième tour à Jean-Marie Le Guen, élu parisien, président sortant du conseil d’administration. L’équipe du conseil de surveillance est désormais dûment composée : cinq représentants des collectivités territoriales, cinq représentants du personnel et cinq personnalités qualifiées y siègent. Raoul Briet y était présent en tant que « personnalité qualifiée », nommé par le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, l’ancien ministre socialiste, Claude Evin.

Un lien perdu avec la Ville

Cette élection suscite aujourd’hui de nombreux commentaires alors que l’AP-HP qui n’a toujours pas adopté son plan stratégique pour la période 2010-2014 est l’objet de nombreuses critiques par les personnels des établissements franciliens. Ainsi, le perdant, Jean-Marie Le Guen a dénoncé une arrivée « téléguidée par l’Elysée », tandis que Bertrand Delanoë a regretté que n’ait pas été réaffirmé « le lien, si fortement historique, entre la Ville de Paris et l’Assistance Publique. Je regrette cette rupture supplémentaire du pacte de confiance entre l’Etat et les collectivités locales. (…). La légitimité de ce conseil de surveillance est grandement affaiblie » a-t-il analysé dans un communiqué rendu public hier.

Pas de fermeture à Trousseau…

Déjà contesté avant même qu’il ait commencé à officier, le conseil de surveillance dont le rôle est notamment de se prononcer sur la stratégie du groupe et de contrôler sa gestion, doit désormais s’atteler à la finalisation du plan stratégique de l’institution francilienne. On le sait, les orientations dessinées ont été fortement contestées, tant par les centrales syndicales que par les représentants des praticiens fédérés au sein du Mouvement de défense pour l’hôpital public. Ces dernières heures, c’est l’avenir de l’hôpital Trousseau qui est le plus vivement discuté. Le rapport rendu public la semaine dernière par un comité de médecins experts n’est qu’à moitié rassurant pour tous ceux qui défendent la pérennité du centre pédiatrique de l’est parisien. Ces recommandations qui après avoir été examinées par le Conseil exécutif mardi 29 juin, doivent désormais être reçues par les communautés médicales concernées, les instances centrales et le Directoire de l’AP-HP révoquent toute idée de fermeture totale de l’hôpital. « L’hôpital Trousseau, dont la fermeture n’a jamais été évoquée notamment en raison de sa vocation de centre de référence en périnatologie (…) verra ses activités de pédiatrie général renforcées », résume dans un communiqué récent l’AP-HP.

… mais des transferts en pagaille

Cependant, les transferts de nombreux services sont vivement conseillés. Ainsi, doivent être regroupés à Robert Debré les services de néphrologie et de gastro-entérologie de Trousseau. A Necker, seront transférés les enfants brûlés, tandis que les spécialités de neuro-pédiatrie doivent rejoindre Bicêtre. Enfin, en ce qui concerne l’onco-hématologie, le comité d’experts n’a pas tranché entre un départ vers Robert Debré ou Necker. Pour les différents chefs de service concernés, cette cascade de fermetures et de déplacements reste très inquiétante. « On classe toujours Trousseau comme un hôpital de pédiatrie lourde, mais si toutes les spécialités partent, ça va être dur », ironise ainsi le professeur de néphrologie, Albert Bensamn. Pour ce spécialiste, les arguments qui affirment que les restructurations permettront des meilleurs taux d’occupation des lits sont difficiles à étayer : « On ne peut pas supprimer des postes et fermer des lits et prétendre que la qualité des soins ne sera pas touchée », observait-il récemment cité par le quotidien La Croix. Plus précisément, la déplacement du service des enfants brûlés est vécue comme la manifestation d’une « logique de site prédateur au dépend d’une logique de soins » par le professeur Constant, coordonnateur du centre de traitement des grands brûlés de l’hôpital Trousseau qui rappelle les trente-trois d’expertise de son service.



Aurélie Haroche



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