Pointe-à-Pitre, le vendredi 30 juillet 2010 – Le début des
années 80 a vu réapparaître la dengue sur le continent américain,
dont elle avait été pratiquement éradiquée deux décennies plus tôt.
Aujourd’hui, le monde est confronté à une « recrudescence
» du virus, comme l’expliquent les ministères de la Santé et de
l’Outre-mer dans un communiqué commun diffusé hier soir. Le texte
rappelle notamment que 2,5 milliards de personnes y sont exposées
aujourd’hui sur la planète selon l’Organisation mondiale de la
santé (OMS), tandis que 50 millions sont chaque année infectées.
Les Antilles françaises ne font pas exception.
Depuis plusieurs années, la Guadeloupe et la Martinique sont
touchées par des épidémies de plus en plus virulentes. Ainsi, 6 %
de la population avait été infectée en 2001, et tandis qu’une
épidémie plus modérée avait sévi en 2005 (3 % de personnes
touchées), de nouveaux records furent atteints en Guadeloupe en
2007. Avec 19 000 cas cette année là, le nombre de personnes
touchées a été en effet bien plus important qu’en 2005 (11 500). La
dernière grande épidémie de 2007 se distingua par ailleurs en
Guadeloupe comme en Martinique par des formes sévères plus
fréquentes (Guadeloupe : 0,8 % vs 0,4 % en 2005 ; Martinique 1,2 %
vs 0,3 %).
Déjà plus de personnes atteintes qu’en 2007 en Guadeloupe
Le tableau de l’épidémie qui sévit actuellement dans les
Antilles françaises révèle une situation plus inquiétante encore.
Avec, 19 800 cas au total enregistrées depuis la fin de l’année
2009 (sur plus de 400 000 habitants) et 2 400 cas par semaine en ce
mois de juillet, un « nombre proche du niveau du pic de
2007 », l’épidémie se révèle déjà plus étendue qu’en 2007 en
Guadeloupe. Si la proportion d’hospitalisations est moindre en
Guadeloupe qu’en Martinique, on compte néanmoins 198
hospitalisations depuis la fin 2009, 74 formes sévères et deux
décès, dont un directement lié à la dengue ayant été rapporté chez
un enfant de trois ans. En 2007, trois décès avaient été imputés à
l’infection par le virus de la dengue.
Huit décès suspects en Martinique
La Martinique a pour sa part recensé un nombre de cas moindre
(13 000 sur un peu moins de 400 000 habitants), mais les
hospitalisations sont plus fréquentes. Le centre inter-régional
d’épidémiologie (CIRE) indique en effet que : « Depuis le 22
février 2010 date du début de l’épidémie, 224 patients ont été
hospitalisés (…). Les formes sévères représentent 16 % de ces
cas ». Par ailleurs, le nombre de décès est également plus
élevé, avec huit morts suspectes, dont deux sont directement liés à
la dengue et trois font encore l’objet d’investigations. En 2007,
deux décès avaient été recensés pendant la période épidémique et
deux avant celle-ci. La CIRE note par ailleurs que les «
enfants représentent 42 % des cas hospitalisés », mais que
cette forte représentation des plus jeunes s’amenuise depuis le
début de l’épidémie.
Renfort ?
Face à cette situation, les ministères de la Santé et de l’Outre
Mer ont appelé à une mobilisation générale de la population et
énumèrent les règles élémentaires de prévention à suivre. En 2007,
quatorze professionnels de santé de métropole avaient été envoyés
en renfort, tandis que 220 000 euros supplémentaires avaient été
débloqués pour optimiser le programme de surveillance, d’alerte et
de gestion des épidémies de dengue (PSAGE).
http://www.invs.sante.fr/surveillance/dengue/territoires_ultramarins/2010/pe_dengue_chik_territoires_ultrmarins_30072010.pdf
Aurélie Haroche
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