Paris, le vendredi 30 juillet 2010 – Les lois destinées à
améliorer l’intégration des personnes handicapées dans notre
société pourront se multiplier, lutter contre les préjugés et les
discriminations dont elles sont l’objet est un enjeu qu’un texte
législatif ne peut seul résoudre. Les réglementations peuvent tout
au moins mettre en place des dispositifs de veille, telle la Haute
autorité de lutte contre les discriminations (HALDE). Celle-ci nous
révélait à la fin de l’année 2009 que la santé et le handicap
constituaient son second motif de saisies (21 % des réclamations).
Elle notait par ailleurs une sensibilisation accrue avec une
progression du nombre de plaintes (800 en 2007, 1 600 en 2008 et 1
800 sur les dix premiers mois de 2009).
Jeunes : des discriminations plus souvent déclarées
Ce que ces chiffres ne nous enseignent pas, c’est la nature des
discriminations qui affectent les personnes handicapées. En la
matière, l’enquête menée par Gérard Bouvier et Xavier Niel de
l’Insee nous révèle que les formes diverses de handicap appellent
des discriminations d’un genre différent. Les deux auteurs se sont
plus particulièrement intéressés aux jeunes de 10 à 24 ans au sujet
desquels ils ont remarqué que s’ils sont peu nombreux à être
touchés par un handicap (5 %) ils se sentent plus fréquemment
victimes d’exclusion et de refus de droit que les adultes de 25 ou
54 ans (deux fois plus souvent affectés par un handicap ou un
problème de santé). Ainsi les premiers sont 41 % à affirmer avoir
été l’objet de discrimination, contre 25 % chez les adultes.
Troubles cognitifs : l’enfer c’est les autres jeunes
Les difficultés évoquées par ces jeunes varient donc selon la
nature de leur handicap. Les déficiences cognitives sont les
handicaps les plus fréquents entre 10 à 24 ans (troubles du
comportement, difficultés d’apprentissage de concentration, de
compréhension…). Ces troubles entraînent le plus fréquemment des
mises à l’écart. S’estimant plus souvent l’objet de discriminations
que certains autres jeunes handicapés (45 % contre 33 % chez ceux
souffrant de déficiences sensorielles), ils évoquent principalement
des « moqueries ou des insultes ». Ainsi, chez les jeunes
handicapés souffrant de troubles cognitifs se plaignant de
discrimination, 64 % font état de « mises à l’écart »,
contre 51 % des adolescents et jeunes adultes présentant des
troubles moteurs signalant des discriminations et 38 % de ceux
atteints de déficits sensoriels.
Différences de traitement
Pour les jeunes atteints de handicaps moteurs, les
discriminations les plus fréquentes relèvent du refus de droits et
d’injustices à la fin du cursus scolaire. C’est le poids des
préjugés concernant leurs capacités qui est ainsi le plus
fréquemment souligné par ces adolescents et jeunes adultes. Chez
ceux encore à l’école, 11 % dénoncent des attitudes différentes
adoptées à leur égard, quand ils ne sont que 6 % chez les jeunes
présentant des troubles cognitifs et 2 % chez ceux atteints de
troubles sensoriels à évoquer ces différences de traitement. Chez
les adolescents et jeunes adultes présentant des troubles
sensoriels, la situation est similaire. Ces derniers sont cependant
ceux qui se disent le moins fréquemment l’objet de
discrimination.
http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1308/ip1308.pdf
Aurélie Haroche
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