Paris, le mardi 24 août 2010 – En juin, les praticiens
hospitaliers ont clairement signifié aux pouvoirs publics qu’ils
refuseraient d’être les oubliés de la réforme des retraites et
qu’ils ne se contenteraient pas de quelques modifications du
dispositif IRCANTEC. Une alliance inédite de neuf organisations
syndicales, représentant des anesthésistes, des urgentistes, des
pédiatres et des gynécologues choisit de faire de la reconnaissance
spécifique de la pénibilité liée au travail de nuit son principal
cheval de bataille. Rappelant les méfaits maintes fois démontrés
d’une activité nocturne sur la santé, ces syndicats soulignaient
que quatre à cinq années de la carrière des praticiens hospitaliers
se déroulent la nuit. Ils observaient par ailleurs que l’âge
venant, la multiplication des gardes représentait un danger pour
les patients. Aussi, appelaient-ils le gouvernement à se prononcer
précisément sur cette question : souhaitant d’une part qu’à partir
de 1000 nuits travaillées, il ne soit plus obligatoire de réaliser
160 trimestres de travail pour bénéficier d’une retraite à taux
plein et d’autre part que les médecins les plus âgés puissent être
dispensés des activités les plus pénibles. En l’absence de réponse
satisfaisante du gouvernement, les syndicats promettaient une
rentrée brûlante.
Sans invalidité à 20 %, pas de pénibilité?
Aujourd’hui, fortement déçu par les propositions avancées par le
gouvernement concernant les compensations liées à la pénibilité, le
Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes
réanimateurs élargi (SNPHAR-E) met sa menace à exécution. On le
sait, le projet des pouvoirs publics est d’offrir au cas par cas
aux salariés une reconnaissance de la pénibilité de leur activité,
à partir d’un taux d’invalidité de 20 %. Ce seuil est jugé inique
par les anesthésistes qui observent : « Le seuil d'invalidité
fixé à 20 % est une aberration pour tous les médecins du travail :
les invalides à 20 % sont de fait déjà retirés du travail. Pour
qu'un BPCO atteigne ce seuil il doit être sous oxygénothérapie! Les
conséquences de la pénibilité du travail de nuit surviennent de
manière très différée, en général après la retraite »,
critiquent-ils contestant de manière générale la « confusion
entre pénibilité, handicap et incapacité » sur laquelle
reposent selon le SNPHAR-E les dernières propositions du
gouvernement. Ces dernières sont de fait très éloignées des
revendications du SNPHAR-E qui estime que ne doivent pas
s’appliquer uniquement des mesures individuelles mais qui attend
des réponses globales.
Mobilisation générale le 7 septembre
Aussi, le temps de l’action paraît venu pour le syndicat. A
partir du 1er septembre, il appelle tous les anesthésistes à
refuser toute garde de nuit sans réquisition. Ainsi, le SNPHAR-E
entend signifier que les anesthésistes « assument la permanence
des soins, mission de service public, mais la pénibilité qui lui
est liée doit être reconnue et compensée ». Par ailleurs, le
SNPHAR-E annonce qu’il participera le 7 septembre à la journée
nationale de mobilisation contre la réforme des retraites. Ces
revendications des anesthésistes sont portées alors qu’a été publié
au début du mois de juillet un rapport du Conseil Economique,
Social et Environnemental mettant en avant une augmentation du
travail de nuit et la nécessité de sa reconnaissance. L’institution
a en effet clairement tenu à « réaffirmer le principe général
de la nécessaire prise en compte de la pénibilité du travail de
nuit dans le droit à la retraite ».
Aurélie Haroche
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