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Hôpitaux sud africains, champions du monde de la grève dure

Publié le 03/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Johannesburg, le vendredi 3 septembre 2010 – Cette semaine, après quinze jours d’un mouvement de grève très suivi dans la fonction publique, le gouvernement sud-africain a fait une nouvelle proposition aux syndicats, très proche de leurs revendications. Alors que les organisations, dont la très puissante Cosato, réclament une augmentation des salaires de 8,6 % et une allocation logement de 1000 rands (un peu plus de 100 euros), le gouvernement sud-africain a proposé mardi une hausse des rémunérations de 7,5 % et une prime pour le logement atteignant 800 rands. En dépit de ces avancées, le mouvement semble se poursuivre aujourd’hui et des manifestations sont notamment prévues à Johannesburg. Si les syndicats se montrent aussi intraitables, c’est d’une part parce que leurs différentes actions leur ont prouvé la possibilité de faire fléchir le gouvernement. Des exemples, dans certains secteurs d’activité, par exemple celui de l’électricité, leurs démontrent d’ailleurs que les 8 % de hausses de salaires ne sont pas inatteignables. En outre, la tension entre les syndicats et les pouvoirs publics n’a cessé de progresser au fil des jours, symbolisée par d’importantes échauffourées entre grévistes et forces de l’ordre.

Meurtriers

Ainsi à l’hôpital de King Edward (Durban), la semaine dernière, des balles en caoutchouc ont été tirées pour disperser un piquet de grève tenu par des médecins et des infirmiers. Ces intimidations ne semblent cependant pas affaiblir la détermination des professionnels de santé dans leur participation totale à la grève. La décision de justice prise à la fin du mois d’août considérant comme illégale la cessation de travail des médecins et infirmiers ne les aura pas plus convaincu de reprendre leurs missions. Aussi, le gouvernement ne cache-t-il pas sa colère à l’égard des praticiens. Le ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi n’a pas hésité à qualifier de « meurtriers » les professionnels de santé participant à la grève.

Trois décès de nourrissons

Pour faire face à l’absence des médecins et des infirmières et alors que les soins dans certains établissements ne sont désormais plus assurés que par des étudiants, l’armée a dû être mobilisée. Quelques 4 000 soldats ont ainsi été déployés dans 58 établissements de santé : les médecins de l’armée tentent de prendre en charge les situations les plus urgentes, tandis que les militaires assurent le nettoyage et la distribution des repas. Des bénévoles ont également été mobilisés. La population commence à souffrir de cette fuite des praticiens, alors que 80 % des sud-africains n’ont pour seul recours que l’hôpital public. La presse locale à Johannesburg assure même que trois bébés sont morts faute d’avoir pu être pris en charge à temps depuis le début de la grève il y a dix-sept jours, tandis que de nombreux transferts ont dû être réalisés vers les établissements privés.



Léa Crébat



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