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Sécurité sociale : la Cour des comptes épingle l’absentéisme

Publié le 09/09/2010 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 9 septembre 2010 – Premier rapport concernant la Sécurité sociale de la Cour des Comptes depuis la disparition du charismatique Philippe Séguin, l’opus rendu public hier ne trahit cependant pas la mémoire du précédent président de la haute institution. Il multiplie en effet les critiques et les cibles, n’épargnant ni les pouvoirs publics, ni les responsables de l’Assurance maladie, ni les professionnels de santé.

Un ONDAM à revoir sur toute la ligne

De façon générale, le rapport s’inquiète des très mauvaises finances de la Sécurité sociale et vise en particulier l’irrespect chronique de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM). La Cour des comptes estime ainsi essentiel un « renforcement des mécanismes de construction, de suivi et de sanction du respect de l’ONDAM ». « Par ses finalités, l’ONDAM (…)  est censé comprendre (…) une définition stratégique des objectifs, des plans d’action pour permettre d’atteindre ces objectifs, un système de « reporting » pour assurer le suivi de la réalisation des objectifs, et éventuellement prendre des mesures correctrices, et enfin une méthode d’évaluation pour s’assurer que les résultats sont atteints. En réalité, cela est loin d’être le cas », commente sans nuance la Cour des Comptes présidée désormais par Didier Migaud.

Les nombreuses vacances (et maladies) des agents de la Sécurité sociale

Au-delà de ces critiques d’ordre général, le rapport poursuit la tradition instaurée par Philippe Séguin en choisissant de s’intéresser à certains postes de dépense en particulier. Un chapitre entier est ainsi consacré à « l’absentéisme maladie dans les organismes de Sécurité sociale ». La Cour des comptes observe en effet que : « L’absentéisme maladie (hors maternité) est relativement élevé (+ de 5 %) dans les organismes de sécurité sociale (OSS) ». Mais les problèmes de santé ne sont pas seuls en cause pour expliquer la désertion des bureaux : «  les congés et repos excédant les cinq semaines légales, représentent (…) 23,6 % du total des absences en raison du caractère généreux de la convention collective », constate encore la Cour des Comptes, qui appelle à une action plus « déterminée » des caisses locales et nationales face aux problèmes posés par les taux élevés d’absentéisme.

Déficit hospitalier : de quoi parle-t-on ?

Le rapport comporte également une enquête concernant la situation financière des établissements hospitaliers. Il semble que ce qui a le plus frappé les magistrats c’est d’une part la mesure difficile des déficits des établissements et d’autre part les différences qui existent entre eux. « Le montant du déficit hospitalier public ne suffit pas à résumer la situation financière du secteur et encore moins la diversité caractérisant les établissements, dont certains sont dans une situation plus que dégradée (…). Pour mesurer les résultats du secteur, le premier chiffre, souvent mis en avant dans la communication officielle, est le total des déficits et des excédents des budgets principaux de tous les établissements. Il s’est élevé à 409 millions d’euros (M€) en 2006 (…) et 448 M€ en 2009, pour l’ensemble des 1 040 EPS (…). Pour prendre la mesure des difficultés de certains hôpitaux, il apparaît préférable en réalité de bien distinguer situations excédentaires et déficitaires. Le total des seuls déficits des établissements s’est élevé à 736 M€ en 2006 (…) et 673 M€ en 2009, soit approximativement 1,5 % des recettes des 1 040 établissements », analyse la Cour des Comptes.

Permanence des soins : 2,5 fois plus cher à Fécamp qu’à La Rochelle

Par ailleurs, elle observe que face à de nombreux postes de dépense, les écarts sont très importants d’un centre à l’autre. Ainsi, la permanence des soins peut elle être deux fois et demie plus cher à Fécamp qu’à La Rochelle, tandis que le coût de la permanence des soins a progressé de « 10 % entre 2006 et 2008 dans 21 % des établissements mais a diminué dans 47 % des cas, indice supplémentaire de disparité des pratiques » indique la Cour. Cette dernière épingle également la mauvaise répartition et la sous utilisation des appareils d’imagerie et fustige les « problèmes d’accès aux soins et l’importance des dépassements d’honoraires des dentistes ».



Aurélie Haroche



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