Strasbourg, le jeudi 9 septembre 2010 – « Un animal est un
animal et un être humain, un être humain. Il ne faut pas
confondre » n’hésita pas à lancer le député européen italien
Herbert Dorfmann alors que le débat battait son plein autour de la
révision de la directive de 1986 sur l’expérimentation animale. Les
discussions se révélèrent en effet passionnées et les déclarations
sans nuance l’emportèrent souvent sur les considérations techniques
et scientifiques. Les tensions autour de ce sujet furent telles, le
souhait des uns de défendre le droit des animaux et l’inquiétude
des autres de voir freiner la recherche s’opposèrent avec tant de
force qu’il fallut attendre près de 10 ans pour qu’un nouveau texte
sur l’expérimentation animale soit adoptée en Europe.
Dès 2001 en effet fut évoquée la nécessité de réformer les
réglementations en vigueur, mais un compromis entre tous les Etats
ne pu être obtenu qu’en mai 2010. C’est sur ce texte, peu amendé
par leurs soins, que se sont finalement entendus les députés
européens ce mercredi 8 septembre.
Plus de recherches sur les chimpanzés, gorilles et
orangs-outans
La nouvelle réglementation dispose que « les
expérimentations animales sont remplacées, dans toute la mesure du
possible, par une méthode de substitution scientifiquement
satisfaisante », tandis que « la douleur et la souffrance
infligées aux animaux doivent être réduites au minimum ».
Aussi, l’utilisation d’animaux à des fins de recherche devra
désormais se limiter aux travaux concernant l’homme, l’animal et le
mécanisme des maladies les plus graves. Concernant la question
épineuse des singes, une interdiction totale vise l’utilisation des
chimpanzés, gorilles et orangs-outans, tandis que des restrictions
strictes concernent les autres primates. Dans certaines situations
exceptionnelles, les Etats pourront cependant déroger au texte en
se prévalant d’une « clause de sauvegarde ». La commission
européenne devra en être alertée et les raisons scientifiques
justifiées.
Aurélie Haroche
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