La bronchiolite du nourrisson est le plus souvent liée à une
infection par le virus respiratoire syncitial (VRS) mais la
fréquence de ces infections varie considérablement d’une année à
l’autre. Une association entre bronchiolite et survenue d’un asthme
ultérieur a été évoquée par plusieurs études sans qu’un lien de
causalité directe ait pu être établi.
Outre l’asthme, d’autres complications pourraient lui être
imputées, qu’il s’agisse d’un bronchospasme intermittent ou encore
d’anomalies de la fonction respiratoire, voire des phénomènes de
sensibilisation allergique.
Afin d’examiner la réalité de ces différents dangers, une étude
a inclus 74 jumeaux monozygotes (âge moyen, 7,6 ans), dont certains
avaient été hospitalisés pour une forme sévère de bronchiolite à
VRS alors qu’ils n’étaient que des nourrissons (âge moyen, 10,6
mois).
L’existence d’un asthme a été recherché sur la clinique,
l’évaluation de la fonction respiratoire et de la réactivité
bronchique, la mesure de la fraction de NO exhalée (FENO), le
recours aux médicaments anti-asthmatiques, la présence d’une
sensibilisation aux allergènes courants évaluée par des tests
cutanés. Aucune différence significative dans les résultats de ces
différentes explorations n’est apparue entre les deux groupes.
Le lien de causalité entre les formes sévères de la bronchiolite
aiguë du nourrisson et la survenue ultérieure d’un asthme dans
l’enfance ou l’adolescence ne peut donc ici être établi. Cependant,
il est clair que cette étude manque de puissance statistique, du
seul fait de la faiblesse de l’effectif et, à ce titre, elle ne
permet que des hypothèses prudentes.
Dr Philippe Tellier
Poorisrisak P et coll. : Causal Direction Between Respiratory Syncytial Virus Bronchiolitis and Asthma Studied in Monozygotic Twins. Chest 2010; 138: 338-344.
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