« La circulation du virus s’est intensifiée en début
d’année 2010 avec plus de 3 000 cas entre janvier et août et un pic
d’incidence observé en avril » notait il y a quelques jours
l’Institut de veille sanitaire (InVS), à l’occasion de son tout
dernier rapport préliminaire sur la rougeole. Un phénomène auquel,
en réalité, on pouvait plus ou moins s’attendre, un rapport
précédent du BEH (signalé sur ce site) ayant déjà révélé que les
diagnostics de rougeole étaient de plus en plus fréquents en
Hexagone. Depuis 2008, plus de 5 000 cas ont été diagnostiqués en
France ; l’incidence de l’infection est actuellement très élevée
dans certains départements dont Aveyron, Pyrénées Orientales,
Vienne, Ariège, Gers, Haute Garonne, Hautes Alpes, Haute Vienne,
Loire Atlantique, Loir et Cher et Tarn, dépassant même 20/ 100 000
habitants pour les 4 premiers.
La couverture vaccinale de la rougeole en France
a sans doute dépassé les 90 %, ce qui n’est certainement pas
négligeable mais se situe encore en dessous des 95 % qui
permettraient d’interrompre toute transmission. Les réfractaires à
la vaccination ne cèdent pas, incitant l’InVS à affirmer que la
diffusion du virus est la conséquence d’un niveau insuffisant et
hétérogène de la couverture vaccinale en France, l’accumulation
progressive de sujets non immunisés conduisant à des poches de
sujets réceptifs au virus. Pourquoi la France n’atteint-elle pas le
seuil fatidique cité, malgré tous les efforts déployés et alors que
d’autres en Europe –pas tous il est vrai- y sont parvenus ? Une des
explications les plus habituelles, très plausible, est que pour une
grande partie de la population la rougeole est une maladie bénigne
et qu’on ne risque pas grand-chose à refuser le vaccin. Il en est
cependant une autre, peut être moins politiquement correcte mais
qui a été reprise par plusieurs blogs et autres sites sur la toile
: échaudés par les polémiques autour de la vaccination contre la
grippe A, et adeptes d’un principe de précaution dont on leur a par
ailleurs longtemps vanté les mérites, les hésitants préféreraient
s’abstenir…
La vaccination anti rougeoleuse n’est pas obligatoire, les
recommandations actuelles étant celles de l’administration d’une
première dose à un an, suivie d’une seconde entre 13 et 24 mois.
Plusieurs foyers récents ont concerné des crèches, des écoles, des
étudiants, et une quarantaine d’infections vraisemblablement
nosocomiales ont été rapportées. Toujours selon l’InVS, le statut
vaccinal a été renseigné pour 2 524 des 3 094 cas survenus entre
janvier et août 2010 et a montré que, dans 82 % des cas, les
patients n’avaient pas été vaccinés (14 % n’ayant reçu qu’une dose
et 3 % les deux) ; d’autre part, sur les 8 premiers mois de 2010,
la proportion des cas hospitalisés parmi ceux déclarés était de 34
%. La rougeole reste, quoi qu’en pensent certains, une infection
grave qui mérite qu’on s’en protège le plus efficacement
possible.
Dr Jack Breuil
InVS. Données de déclaration obligatoire de la rougeole- Bilan de situation jusqu’au 31/08/2010.
http://www.invs.sante.fr/display/?doc=surveillance/rougeole/donnees/donnees_310810.htm
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Rougeole et vaccination
Le 09 novembre 2010
Une campagne sanitaire par voie de presse et dans les média de grande diffusion radio et télévision, expliquant les complications, pouvant être redoutables, de cette virose
pourrait peut-être réduire le bastion des réticents à la vaccination.
Le plus incompréhensible selon moi, c'est que des pédiatres conseillent l'abstention à de jeunes parents !
Jean-Paul Goolaerts
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