Première utilisation de la biométrie à l’hôpital

Paris, le jeudi 6 janvier 2011 – Les bénéfices du recours à la biométrie dans la sphère médicale sont envisagés depuis plusieurs années. Cette technologie qui permet l’identification d’une personne grâce à la mesure de certaines de ses caractéristiques biologiques est en effet considérée comme la garantie d’une plus grande sécurisation de certains lieux de soins. Cependant, la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) fait preuve d’une certaine réticence face au développement sans frein de la biométrie, réticence qui n’épargne pas le monde médical. Ainsi, lorsque le Centre de lutte contre le cancer Oscar Lambret à Lille lui a présenté son projet d’identification des patients traités par radiothérapie grâce à leurs empreintes digitales, elle a fait part de ses réserves. Idéalement, la CNIL aurait préféré que le centre privilégie la biométrie « sans trace », qui permet d’écarter la question épineuse de la conservation des informations. L’identification de l’individu se fait dans ce cadre grâce à la reconnaissance du réseau veineux du doigt et les informations biométriques ne peuvent être alors enregistrées. Cependant, face à des patients sous chimiothérapie, l’utilisation de cette technique était compromise. « Les traitements par chimiothérapie peuvent altérer la peau de la main et donc rendre impossible l’identification du patient » reconnaît le président de la CNIL, Alex Türk, cité aujourd’hui par le quotidien La Croix.

19 erreurs d’identité l’année dernière en France

Aussi, la CNIL a finalement donné l’année dernière son feu vert au centre lillois pour l’expérimentation pendant un an des patients traités par radiothérapie grâce à leurs empreintes digitales. Elle a cependant imposé plusieurs conditions : le consentement du patient est obligatoire et l’enregistrement des données doit être détruit après la fin du traitement. Alors que le dispositif sera effectif à partir de la semaine prochaine, pour les responsables du centre lillois cette méthode d’identification représente un véritable atout. « Grâce à ce système, on est certain d’apporter le bon soin à la bonne personne (…). Or, en cancérologie, une erreur d’identification peut avoir des conséquences très graves » explique le directeur délégué à la recherche au Centre Oscar-Lambret et chef du département radiothérapie, le professeur Eric Lartigau. Interrogé par la Croix, il renchérit : « Les cas (d’erreur d’identification du patient) sont extrêmement rares. On en a dénombré 19 l’an dernier en France sur un total de quatre millions d’actes de radiothérapie, mais lorsqu’ils se produisent, ils ont des conséquences catastrophiques ».

Aurélie Haroche

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