Différents travaux ont associé aux faibles concentrations
sériques de potassium induites par les diurétiques un risque accru
d’altération de la tolérance au glucose et de diabète chez les
patients hypertendus ; d’autres ont suggéré, indépendamment de la
prise de diurétiques, une relation inverse entre kaliémie et risque
de diabète de type 2. Des auteurs japonais ont cherché à en
savoir plus et évalué, à leur tour, la relation, entre faibles
concentrations de potassium et développement d’un diabète de type
2.
Y Heianza et coll. se sont appuyés sur les données de la
Toranomon Hospital Health Management Center Study, étude
prospective ayant recueilli chez près de 30 000 fonctionnaires
japonais, enrôlés entre 1997 et 2002, les informations intéressant
les caractéristiques démographiques, les habitudes de vie et les
résultats des bilans de santé annuels dont bénéficiaient ces
sujets.
L’étude a porté sur 4 409 hommes, âgés en moyenne de 48,4 ± 8,4
ans, en bonne santé, ayant eu au moins 4 bilans de santé au cours
d’un suivi de 5 ans. Tous étaient indemnes de diabète à l’inclusion
(glycémie à jeun < 7 mmol/l, Hb A1c < 6,5 %, sans notion de
diabète diagnostiqué par un médecin), ne prenaient pas
d’antihypertenseurs, et n’avaient ni atteinte rénale ni dysfonction
hépatique.
Sur un suivi de 5 ans (21 094 sujets-années), 250 cas incidents
de diabète de type 2, documentés, ont été recensés.
Après ajustements (notamment sur l’âge, les antécédents parentaux
de diabète, l’IMC, l’HTA, le HDL-cholestérol, les triglycérides, le
tabagisme), l’analyse associe significativement au tertile de plus
faible kaliémie (2,8-3,9 mmol/l) un risque accru de diabète de type
2 en comparaison du tertile le plus fort (4,2-5,4 mmol/l), le ratio
de risque pour la comparaison étant de 1,57 (IC à 95 % 1,15-2,15 ;
p < 0,01).
À chaque réduction de 0,5 mmol/l de la kaliémie de base était
associé un accroissement de 45 % (12 %-87 %) du risque de diabète
de type 2.
Cette étude, prospective, portant sur un échantillon de grande
dimension, suggère que des concentrations sériques de potassium
basses pourraient, même dans la gamme de kaliémies normales, même
sans hypokaliémie franche, être prédictives de la survenue d’un
diabète de type 2. Ces résultats appellent des études
complémentaires, impliquant aussi des femmes, évaluant l’influence
des apports alimentaires en potassium, ce que n’a pas fait cette
étude, et visant à évaluer aussi l’efficacité de la prise en charge
de la kaliémie à prévenir la survenue d’un diabète de type 2.
Dr Julie Perrot
Heianza Y et coll. : Low serum potassium levels and risk of type 2 diabetes : The Toranomon Hospital Health Management Center Study (TOPICS 1). Diabetologia, Publication en ligne, 7 janvier 2011 (DOI: 10.1007/s00125-010-2029-9).
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