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Où une kaliémie basse annonce un diabète de type 2

Publié le 27/01/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Différents travaux ont associé aux faibles concentrations sériques de potassium induites par les diurétiques un risque accru d’altération de la tolérance au glucose et de diabète chez les patients hypertendus ; d’autres ont suggéré, indépendamment de la prise de diurétiques, une relation inverse entre kaliémie et risque de diabète de type 2. Des auteurs japonais ont  cherché à en savoir plus et évalué, à leur tour, la relation, entre faibles concentrations de potassium et développement d’un diabète de type 2.

Y Heianza et coll. se sont appuyés sur les données de la Toranomon Hospital Health Management Center  Study, étude prospective ayant recueilli chez près de 30 000 fonctionnaires japonais, enrôlés entre 1997 et 2002, les informations intéressant les caractéristiques démographiques, les habitudes de vie et les résultats des bilans de santé annuels dont bénéficiaient ces sujets.

L’étude a porté sur 4 409 hommes, âgés en moyenne de 48,4 ± 8,4 ans, en bonne santé, ayant eu au moins 4 bilans de santé au cours d’un suivi de 5 ans. Tous étaient indemnes de diabète à l’inclusion (glycémie à jeun < 7 mmol/l, Hb A1c < 6,5 %, sans notion de diabète diagnostiqué par un médecin), ne prenaient pas d’antihypertenseurs, et n’avaient ni atteinte rénale ni dysfonction hépatique. 

Sur un suivi de 5 ans (21 094 sujets-années), 250 cas incidents de diabète de type 2, documentés, ont été recensés.
Après ajustements (notamment sur l’âge, les antécédents parentaux de diabète, l’IMC, l’HTA, le HDL-cholestérol, les triglycérides, le tabagisme), l’analyse associe significativement au tertile de plus faible kaliémie (2,8-3,9 mmol/l) un risque accru de diabète de type 2 en comparaison du tertile le plus fort (4,2-5,4 mmol/l), le ratio de risque pour la comparaison étant de 1,57 (IC à 95 % 1,15-2,15 ; p < 0,01).

À chaque réduction de 0,5 mmol/l de la kaliémie de base était associé un accroissement de 45 % (12 %-87 %) du risque de diabète de type 2.

Cette étude, prospective, portant sur un échantillon de grande dimension, suggère que des concentrations sériques de potassium basses pourraient, même dans la gamme de kaliémies normales, même sans hypokaliémie franche, être prédictives de la survenue d’un diabète de type 2. Ces résultats appellent des études complémentaires, impliquant aussi des femmes, évaluant l’influence des apports alimentaires en potassium, ce que n’a pas fait cette étude, et visant à évaluer aussi l’efficacité de la prise en charge de la kaliémie à prévenir la survenue d’un diabète de type 2.



Dr Julie Perrot


Heianza Y et coll. : Low serum potassium levels and risk of type 2 diabetes : The Toranomon Hospital Health Management Center Study (TOPICS 1). Diabetologia, Publication en ligne, 7 janvier 2011 (DOI: 10.1007/s00125-010-2029-9).




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