Les interventions de chirurgie cardiaque nécessitent assez
souvent des transfusions sanguines péri-opératoires qui visent bien
évidemment à corriger toute anémie, étant donné que celle-ci est un
facteur de risque indépendant capable à lui seul d’augmenter la
mortalité et la morbidité. Il faut cependant reconnaître que le
recours à ces transfusions n’est pas toujours optimisé dans un
tel contexte, les recommandations officielles faisant quelque
peu défaut. Faut-il utiliser les dérivés sanguins, notamment les
culots globulaires ou toute autre forme de solutions
érythrocytaires de manière parcimonieuse ou libérale ? C’est à
cette question que répond l’étude TRACS (Transfusion
Requirements After Cardiac Surgery).
Celle-ci est en fait un essai randomisé mené entre février 2009
et février 2010 dans une unité de soins intensifs implantée au sein
d’un centre hospitalo-universitaire de référence situé au Brésil et
spécialisé en chirurgie cardiaque. C’est là qu’ont séjourné 502
patients qui ont tous bénéficié d’une chirurgie cardiaque
nécessitant une circulation extracorporelle. Deux groupes ont
été constitués par tirage au sort : dans l’un, les transfusions
érythrocytaires ont été utilisées de manière assez libérale,
l’hématocrite devant être 30 %) alors, que dans
l’autre, les conditions ont été plus restrictives
(hématocrite 24 %).
L’efficacité des deux stratégies a été évaluée pendant le séjour
hospitalier au moyen d’un index composite prenant simultanément en
compte la mortalité à 30 jours et la morbidité sous ses
manifestations les plus sévères : choc cardiogénique, syndrome de
détresse respiratoire aiguë ou encore insuffisance rénale aiguë
justiciable d’une dialyse péritonéale ou d’une hémodialyse. Dans le
premier groupe, les concentrations moyennes d’hémoglobine ont été
estimées à 10,5 g/100 ml), versus 9,1 dans l’autre (p<0,001).
Toujours dans le premier groupe, une transfusion sanguine au moins
a été effectuée dans 78 % des cas, versus 47 % dans l’autres
(p<0,001). L’index composite précédemment évoqué s’est avéré
similaire dans les bras de l’étude (10 vs 11 %).
Quelle que soit la stratégie transfusionnelle, le nombre de
culots globulaires a constitué un facteur de risque indépendamment
des autres quant à la survenue de complications cliniques ou
encore de décès au 30ème jour, le risque relatif correspondant
étant de 1,20 pour chaque transfusion (p=0,002).
Dr John Sorri
Ludhmila AH et coll. Transfusion Requirements After Cardiac Surgery. The TRACS Randomized Controlled Trial. JAMA 2010; 304: 1559-1567.
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