On évoque, souvent, le rôle d’une carence en fer dans les
alopécies diffuses acquises de la femme adulte. Rappelons
tout d’abord que le dosage de ferritine est le meilleur test pour
rechercher une carence en fer. Cependant la ferritinémie peut être
augmentée dans certaines situations telles qu’une infection
chronique, un cancer ou une maladie rénale. Il faut donc recourir à
d’autres explorations et notamment au dosage de la transferrine
pour préciser le statut martial. A partir du moment où la carence
en fer est démontrée avec un fer sérique inférieur à 25 µmol/l et
une ferritinémie inférieure à 40 µg/l, la supplémentation pendant 3
mois est justifiée. Il est important de signaler que la prise
concomitante de vitamine C augmente l’absorption intestinale du
fer.
Deux équipes américaines ont tenté d’évaluer le rapport entre
carence martiale et alopécie chez 381 femmes de plus de 18 ans
présentant une alopécie androgénétique ou un effluvium télogène
chronique (chute chronique des cheveux sans alopécie vraie) par
comparaison à un groupe contrôle de 76 femmes n’ayant pas
d’antécédents de chute de cheveux. Il n’a pas été retrouvé de
différence significative entre ces trois groupes de patientes
(qu’elles soient en période pré ou post-ménopausique) en ce qui
concerne la prévalence de la carence en fer (que celle-ci soit
définie par une ferritinémie inférieure à 15 ug/L ou inférieure à
40 ug/L). Il ne semble donc pas y avoir d’argument pour une
recherche systématique de carence en fer, non plus que d’une
supplémentation chez les patientes présentant une alopécie acquise
ou une chute de cheveux.
Dr Patrice Plantin
Dolsen EA et coll. : Iron deficiency in female pattern hair loss, chronic telogen effluvium, and control groups. J Am Acad dermatol., 2010; 63: 991-9
Elston DH : Commentary: Iron deficiency and hair loss: problems with measurement of iron. J Am Acad Dermatol 2010; 63: 1077-82
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |