L'espérance de vie est réduite au cours de la polyarthrite
rhumatoïde (PR). La surmortalité est due en partie à l'augmentation
du risque d'infections graves, notamment pulmonaires chez ces
malades. Plusieurs facteurs contribuent au risque septique tels la
présence d’une pneumopathie interstitielle ou l'utilisation à long
terme de corticostéroïdes.
La vaccination antipneumococcique a permis une réduction de la
fréquence des pneumonies au cours de la PR.
Cependant, il est à craindre que l'utilisation de certains
médicaments, comme par exemple le méthotrexate, puisse réduire
l’efficacité de la vaccination. Il existe peu de données objectives
sur l'effet du méthotrexate sur l'efficacité de la vaccination anti
pneumococcique, et aucune preuve de l’intérêt d’une revaccination
chez les malades atteints de PR traités par méthotrexate.
Les auteurs de ce travail ont réalisé une étude prospective et
collecté les informations sur le statut vaccinal et les antécédents
d’infections éventuelles (au cours des dix années précédentes)
concernant 180 malades atteints de PR traités par méthotrexate. Les
taux d'anticorps contre le pneumocoque ont été dosés chez les
sujets inclus dans l’analyse.
Les données de 152 malades étaient exploitables et 28 n'avaient
jamais été vaccinés contre le pneumocoque. Les niveaux médians
d’anticorps étaient significativement plus élevés chez ceux qui
avaient été vaccinés. Les malades non vaccinés et ceux traités par
prednisone orale étaient davantage susceptibles d'avoir eu une
pneumonie à pneumocoque au cours des 10 années précédentes. Le
risque relatif de développer une pneumonie chez les malades non
vaccinés était de 9,7 (p = 0,005) et chez les patients traités par
stéroïdes de 6,5 (p = 0,001), après ajustement pour l'âge, le sexe,
la durée de la maladie et les comorbidités. Aucune corrélation
significative n’a été observée entre les niveaux d'anticorps contre
le pneumocoque et le temps écoulé depuis la vaccination.
Ainsi, les malades atteints de PR qui avaient reçu le vaccin
anti-pneumococcique étaient 10 fois moins susceptibles d’avoir
développé une pneumonie au cours d'une période de 10 ans que ceux
qui n'avaient pas été vaccinés. Ces résultats suggèrent qu'une
administration unique de vaccin au début d’une PR offre jusqu'à 10
années de protection contre la pneumonie à pneumocoques chez les
malades sous méthotrexate.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Coulson E et coll. : Pneumococcal antibody levels after pneumovax in patients with rheumatoid arthritis on methotrexate. Ann Rheum Dis, 2011; publication avancée en ligne le 22 avril.
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