Les options pour le traitement de l'artérite gigantocellulaire
(GCA) sont limitées. Les glucocorticoïdes en sont la pierre
angulaire, mais les rechutes sont fréquentes et nécessitent souvent
de fortes doses cumulées de glucocorticoïdes. L’ interleukine 6
(IL-6) est probablement un médiateur clé de l'inflammation
vasculaire chez ces malades. Une équipe allemande rapporte 3 cas de
malades traités par l’anti-récepteur de l'IL-6, le tocilizumab.
Le premier malade (un homme de 79 ans) présentait une fièvre,
avec sueurs nocturnes et perte de poids. La protéine C réactive
(CRP) était élevée à 168 mg/l. La biopsie de l'artère temporale
montrait des signes histologiques typiques et la tomographie par
émission de positons (PETscan) mettait en évidence une vascularite
des gros vaisseaux. Malgré une excellente réponse initiale, le
malade a développé une corticodépendance. En raison d’une
insuffisance rénale chronique, le méthotrexate était
contre-indiqué. L'azathioprine était inefficace.
Le deuxième malade (une femme de 72 ans) avait une uvéite
antérieure unilatérale et des hémorragies sous-unguéales suggérant
initialement une vascularite des petits vaisseaux. Elle souffrait
d’une perte de poids, de sueurs nocturnes et d’une perte d'appétit.
La CRP était à 307 mg/l. Le diagnostic initial retenu a été celui
de vascularite indifférenciée. La malade était corticodépendante,
même après l'ajout de mycophénolate mofétil (méthotrexate
contre-indiqué ; azathioprine non toléré). Après 4 mois, la malade
se plaignant de maux de tête et troubles visuels, il a été réalisé
un PETscan qui a retrouvé un élargissement de l'aorte, de la
sous-clavière et des artères carotides. Malgré une biopsie de
l'artère temporale négative, le diagnostic de GCA a été
retenu.
Le troisième patient enfin, (une femme de 71 ans) présentait
également une corticodépendance et avait des maux de tête
d'apparition récente, une diplopie, des symptômes systémiques et
des niveaux élevés de CRP.
Les 3 malades ont reçu le tocilizumab (8 mg/kg) en perfusions
toutes les 4 semaines pendant 6 mois. Le traitement a été bien
toléré et une réponse clinique rapide avec normalisation des
symptômes et des marqueurs de l'inflammation (CRP, sérum amyloïde
A) a été obtenue. Les doses de glucocorticoïdes ont pu être
diminuées rapidement et en toute sécurité pendant la phase
d'induction.
Ces résultats sont encourageants. Cependant, avant une
utilisation clinique en routine, il est impératif d’effectuer des
essais contrôlés randomisés.
Dr Juliette Lasoudris Laloux
Beyer C et coll. : Anti-interleukin 6 receptor therapy as rescue treatment for giant cell arteritis. Ann Rheum Dis., 2011; pubication avancée en ligne le 24 avril.
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