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Quelle incidence de l’âge sur la prévalence de l’autisme ?

Publié le 24/06/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Caractérisés notamment par des dysfonctionnements de la socialisation et de la communication, les « troubles du spectre autistique » (TSA : Autism Spectrum Disorders, ASD) font l’objet de nombreux travaux. Si leur épidémiologie semble révéler une augmentation actuelle de leur fréquence chez les enfants et les adolescents, peu d’informations sont en revanche disponibles sur la place de l’autisme chez les adultes. En particulier, si l’hypothèse d’un accroissement de la fréquence de l’autisme chez les jeunes est vérifiée, on doit s’attendre à des taux inférieurs chez les adultes les plus âgés, par rapport aux tranches d’âge moins élevé (concernées progressivement par le renforcement de sa prévalence).

Or une étude britannique (portant sur 7 461participants âgés d’au moins 16 ans) montre qu’il n’en est rien : estimée environ à 9,8 cas pour 1000 dans la population adulte, « cette prévalence n’est pas liée à l’âge » mais à d’autres facteurs : les taux des TSA sont ainsi plus élevés « chez les hommes, chez les sujets sans diplôme et chez ceux vivant dans des institutions publiques » (établissements médico-sociaux). Mais bien entendu, ces deux derniers facteurs (absence de qualification et prise en charge institutionnelle) doivent être considérés surtout comme des conséquences évidentes de cette affection, plutôt que comme des facteurs de risque sui generis.

Pour les auteurs, cette absence d’association de la fréquence de l’autisme avec l’âge est compatible avec une constance de sa prévalence et de ses facteurs étiologiques dans le temps. Si la fréquence de l’autisme paraît donc stable avec l’âge en Angleterre (contrairement à des échos dissonants sur la fréquence accrue de l’autisme en Californie) [1], cette étude suggère aussi une stabilité clinique de l’autisme avec le temps, puisqu’elle ne révèle « aucune preuve d’un recours accru aux services de santé mentale » chez les adultes avec TSA, à moins que ce constat ne traduise en réalité « une tendance au délaissement » de ces adultes « socialement défavorisés. »



Dr Alain Cohen


Brugha TS et coll.: Epidemiology of Autism Spectrum Disorders in adults in the community in England. Arch Gen Psychiatry 2011; 68 (5): 459-466.


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