Du ronflement chronique aux céphalées matinales en passant par le SAOS

Les céphalées matinales sont volontiers associées à un syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) au point de le révéler et de déclencher les stratégies diagnostiques ad hoc. La fréquence, les caractéristiques et l’impact de ces céphalées sont néanmoins mal connus, dans le contexte du ronflement chronique et du SAOS. Une étude transversale « made in Taiwan » a initialement inclus 268 participants justiciables d’un enregistrement polysomnographique au sein d’un laboratoire spécialisé dans l’exploration du sommeil. Dans tous les cas, les patients ont été interviewés par un médecin qui a recherché de manière systématique la présence ou l’absence de céphalées matinales, de migraine ou encore d’insomnie. En outre, chaque participant a rempli des questionnaires ou des échelles du type SF-36 (Short Form-36 health survey) ou HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale ([HADS]). Les céphalées matinales ont été prises en compte, dès lors qu’elles survenaient au réveil au moins un jour par semaine pendant au moins 6 mois.

Sur les 268 participants tous affligés d’un ronflement chronique, 63 (23,5 %) souffraient de céphalées matinales et 184 (69 %) d’un SAOS authentique. Les patients ayant des céphalées matinales avaient des scores plus perturbés dans les divers domaines du  SF-36 versus les autres  patients (différences : 10,6 à 29,7 points,  p≤ 0,005 dans tous les cas de figure).

Les variables indépendantes prédictives des céphalées matinales ont été les suivantes :
1) migraine ; l’odds ratio ajusté (ORA) étant dans ce cas de 6,3 ;
2) insomnie (ORA = 4,2) ;
3) détresse psychologique (HADS ≥ 8) (ORA = 3,9) ;
4) SAOS (ORA = 2,6).

Chez 12 patients (19 %), les céphalées matinales correspondaient à des crises migraineuses typiques.
En bref, les céphalées matinales sont courantes chez les patients atteints d’un ronflement chronique. Elles auraient un effet néfaste sur la qualité de vie liée à la santé. Les migraines ne sont pas exceptionnelles. Le SAOS, la migraine, l’insomnie et la détresse psychologique seraient autant de variables prédictives des céphalées en question.

Dr Philippe Tellier

Référence
Chen PK et coll. : Morning headache in habitual snorers: Frequency, characteristics, predictors and impact. Cephalalgia 2011 ; 31 : 829-36.

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