Les métastases ganglionnaires dans la chaîne 14 sont aussi péjoratives que les métastases à distance dans le cancer de l’estomac

Le traitement chirurgical du cancer de l’estomac (KE) repose toujours sur la gastrectomie avec curage lymphatique D2, même si l’on a proposé un geste moins lourd dans les KE précoces. Les ganglions situés le long de la veine mésentérique supérieure, à la racine du mésentère, représentent dans l’anatomie lymphatique le groupe 14v. Ils sont atteints dans 20 % des curages de KE évolués, mais seulement dans 1 % des KE superficiels. Les auteurs sud-coréens ont étudié la signification et le pronostic de ces adénopathies.

Ils ont procédé à une étude rétrospective de 1 104 opérés pour KE et qui avaient eu un curage de type D2 emportant la chaîne 14v.

Les patients ont été divisés en 2 groupes selon la positivité des ganglions de cette chaîne 14v : le groupe GN-, comprenant 1 031 (93 %) sujets sans envahissement, et le groupe GN+, comprenant 73 malades dont les ganglions 14v étaient envahis. Ni l’âge ni le sex ratio (2/3 d’hommes) ni le siège de la tumeur n’étaient différents dans les 2 groupes. En revanche, le taux des gastrectomies totales, des tumeurs non résécables, et des KE indifférenciés était plus élevé dans le GN+. Plus le KE était évolué (profondeur, lymphophilie, métastases), et plus grand était le risque de GN+.

Logiquement, les patients GN+ ont une survie globale très diminuée (9 vs 74 % à 5 ans). Après une résection de type R0, ne laissant absolument pas de tissu tumoral, leur survie à 5 ans n’est que de 10 %. Aucun autre élément (âge, siège du cancer, type de gastrectomie, différenciation histologique, stade) n’est en mesure de modifier ce sombre pronostic.

Quand on examine les facteurs péjoratifs dans le KE, on en retrouve trois essentiels : l’envahissement des diverses tuniques gastriques jusqu’à la séreuse (pT3 ou pT4), l’envahissement ganglionnaire distal N2 ou N3), et l’envahissement de la chaîne 14v. Même après résection complète R0, le pronostic des GN+ reste encore pire que celui des malades de stade IV mais sans atteinte de cette chaîne.

Le statut ganglionnaire de ce groupe ganglionnaire situé le long de la veine mésentérique inférieure a donc une valeur pronostique indépendante, aussi grave que celle de métastases à distance. De ce fait, il faut bien réfléchir avant de renoncer à l’ablation de ce groupe ganglionnaire au cours d’un curage pour cancer de l’estomac.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
An J-Y et coll. : Relevance of lymph node metastasis along the superior mesenteric vein in gastric cancer. British Journal of Surgery 2011; 98: 667-672.

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