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Fibrose pulmonaire idiopathique : évolution et pronostic en ce troisième millénaire débutant

Publié le 09/08/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI)) reste une affection chronique grave qui met en jeu le pronostic vital à plus ou moins longue échéance. Les traitements efficaces sont loin d’être légion, au point que certaines sociétés savantes ont récemment édicté des recommandations concernant la prise en charge de la maladie, au travers de son diagnostic et de son traitement. Il s’agit en l’occurrence de l’American Thoracic Society et de la European Respiratory Society.

Quel est l’impact de ce consensus a priori salutaire sur  la pratique médicale courante? C’est à cette question que tente de répondre une étude rétrospective dans laquelle ont été inclus 521 patients atteints d’une FPI et suivis par un centre spécialisé dans la prise en charge des maladies pulmonaires interstitielles. La sélection des participants a porté sur la période 2000-2009. Un bilan des fonctions respiratoires s’est avéré disponible chez 446 d’entre eux (86 %). Ont été passés systématiquement en revue les données démographiques et fonctionnelles, les critères diagnostiques, la mortalité, l’inclusion éventuelle dans les essais cliniques et le recours à la transplantation pulmonaire. Dans 64 % des cas, une biopsie pulmonaire chirurgicale a été effectuée. En son absence (36 %), c’est la fibroscopie bronchique qui a permis le diagnostic positif de la FPI.

Une transplantation pulmonaire s’est imposée chez 16,1 % des patients et 27,4 % du reste de l’effectif global a été inclus dans une étude de cohorte prospective. Dans les formes légères, modérées et sévères de la maladie, la valeur du VEMS a été associée à une durée médiane de la survie qui a atteint respectivement 55,6, 38,7 et  27,4 mois. La mortalité après 5 ans a augmenté de manière hautement significative et, à ce titre, la FPI reste une maladie grave dont le pronostic est encore bien sombre. La contribution de la fibroscopie bronchique au diagnostic s’est avérée très moyenne, voire médiocre. Le VEMS basal est apparu comme un paramètre bien corrélé à  la durée de la survie et aux complications de la maladie. L’inclusion dans un essai contrôlé et le recours à la transplantation pulmonaire n’ont finalement concerné qu’une minorité de malades.

La recherche clinique doit rester active face à cette maladie respiratoire dont la prise en charge thérapeutique et l’évaluation pronostique sont loin d’être optimales, même dans le respect des recommandations actuelles de certaines sociétés savantes, et non des moindres.



Dr Philippe Tellier


Nathan SD et coll. Long-term Course and Prognosis of Idiopathic Pulmonary Fibrosis in the New Millennium. Chest 2011; 140 :1 221-229.




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