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Mange-t-on mieux au fast-food quand les apports caloriques sont indiqués ?

Publié le 10/08/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

En 2008, une loi imposant l’affichage des apports nutritionnels sur les produits vendus dans les fast-foods New-Yorkais prenait effet. L’impact réel de cette de mesure a été relativement peu évalué et les résultats des évaluations, réalisées sur un nombre limité d’établissements, sont contradictoires.

Afin de compléter ces données, une étude à grande échelle a été réalisée en deux temps : avant (au printemps 2007) et après (au printemps 2008) l’application de la loi. Après une sélection méthodique et minutieuse, les données recueillies auprès de onze chaînes de fast-food ont été colligées pour l’analyse. Ce sont 7 309 et 8 489 clients ayant participé à l’enquête respectivement dans la première et la seconde phase de l’étude qui ont été inclus dans l’analyse. Ces clients étaient abordés par des enquêteurs à la sortie du fast-food ; ils fournissaient d’une part le ticket de caisse correspondant à leur repas et répondaient d’autre part à un questionnaire. Celui-ci vérifiait notamment que le ticket de caisse concernait leur propre prise alimentaire ; il leur demandait également s’ils portaient attention aux informations nutritionnelles consignées sur l’emballage des produits achetés.

Globalement, toute chaîne de fast-food confondues, il n’y a pas eu de réduction des apports caloriques correspondants aux achats entre les deux périodes quand un « ajustement  minimum » était effectué (prise en compte de la chaîne de restaurant, du sexe des clients et du niveau social du voisinage des restaurants). Quand l’inflation et le type de produits achetés (achat d’une boisson notamment) étaient pris en compte dans l’analyse multivariée (« modèle complet »), une réduction peu importante de 20 kcal mais statistiquement significative des calories des repas achetés était notée entre 2007 et 2008. On note toutefois des disparités selon les chaînes de restaurants. Pour l’expliquer, il est probable qu’en dehors de l’apparition des indications nutritionnelles, divers changements intervenus entre les deux périodes aient aussi influencé les achats. Ainsi, dans l’une des chaînes de fast-food, les apports caloriques des achats ont augmenté (+ 133 kcal) parallèlement à l’augmentation des portions des plats servis.

Inversement, ils ont diminué dans certains restaurants ayant fait évoluer leur carte vers des produits moins caloriques. Un résultat encourageant a été obtenu dans ce travail : les clients qui déclaraient porter attention aux indications nutritionnelles consommaient significativement moins de calories (-96 kcal) que les autres après prise en compte des facteurs de confusion du « modèle complet ».

Ces résultats sont en faveur de la généralisation de la réglementation concernant l’indication des apports nutritionnels dans les fast-foods. Même s’il n’est pas certain que cela influence les choix de l’ensemble des clients, on retiendra de cette étude l’absence d’inconvénients notables d’une telle mesure et la possible influence positive pour choisir des repas moins caloriques chez les personnes qui consultent les indications nutritionnelles. En outre, une telle réglementation implique une plus grande transparence vis-à-vis des clients. Cela pourrait inciter certaines chaînes de fast-food à réduire l’apport calorique des repas, au moins pour leur image commerciale.

Bien évidemment, réglementer l’information nutritionnelle sur les denrées alimentaires ne représente qu’une petite partie des mesures à prendre pour lutter contre l’épidémie d’obésité. Et elle ne présente d’intérêt que si la population est parallèlement éduquée au déchiffrage des indications nutritionnelles !



Dr Boris Hansel


Dumanovsky T et coll. Changes in energy content of lunchtime purchases from fast food restaurants after introduction of calorie labelling: cross sectional customer surveys. BMJ. 2011 Jul 26;343:d4464




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