Les maladies cardiovasculaires sont une cause de mortalité
majeure pour les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR)
et les dyslipidémies, un facteur de risque de ces affections
cardiovasculaires. Ces dyslipidémies sont favorisées par la PR et
en partie liées au syndrome inflammatoire. Il serait donc bon de
recourir à des traitements efficaces à la fois sur la PR et sur les
dyslipidémies. Or, l’hydroxychloroquine (HCQ), traitement de fond
ancien de la PR semble avoir un effet favorable sur le profil
lipidique des sujets lupiques, et donc pourquoi pas dans la PR,
hypothèse que les auteurs examinent dans cette étude.
Il s’agit d’une étude de 1 539 patients atteints de PR recrutés
et suivis entre 2001 et 2008 dont 706 disposent de dosages
biologiques établissant leur profil lipidique [cholestérolémie
totale (CT) et ses fractions (LDL et HDL), triglycéridémie (TG)].
Plusieurs dosages sont disponibles par sujet, soit 2 851 dosages au
total.
Deux cent cinquante-six patients (36 %) ont reçu de l’HCQ à des
doses jugées optimales (6,5 mg/kg/j). Par rapport aux malades ne
recevant pas d’HCQ, il s’agit plus souvent de jeunes femmes, ayant
été traitées ou encore traitées par méthotrexate, mais sans aucun
profil lipidique particulier.
Après ajustements sur l’âge, le sexe, l’indice de masse
corporel, l’HTA, le diabète, les traitements, l’utilisation d’HCQ
est associée à une diminution du LDL de 7,55 mg/dl (<0,001),
sans augmentation significative du HDL (ns, p=0,2), à une
diminution du CT de 7,7 md/dl (p=0.002), sans modification des TG
(10,91 mg/dl ; ns, p=0,06).
Ainsi, le rapport LDL/HDL évolue significativement favorablement
(p=0,008).
Cette étude donne une piste pour utiliser de nouveau l’HCQ,
longtemps prescrit en traitement de fond de la PR, mais en perte de
vitesse ces dernières années, à la suite de l’apparition des
biothérapies. Son mécanisme d’action est imparfaitement connu,
passant au moins partiellement par une inhibition de la synthèse
hépatocytaire du CT. Il faut noter qu’il n’y a pas eu de tirage au
sort du traitement ou non par HCQ, ce qui peut introduire un biais.
En effet, on peut supposer que les PR sous HCQ sont les moins
sévères et les conclusions ne sont donc pas obligatoirement
extrapolables à toutes les PR.
Dr Laurent Laloux
Morris SJ et coll : Hydroxychloroquine use associated with improvement in lipid profiles in rheumatoid arthritis patients. Arthritis Care & research. 2011; 63 : 530-534
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