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Intérêt de la polysomnographie pour apprécier la réserve pulmonaire des dysplasies broncho-pulmonaires

Publié le 21/09/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Une SaO2 « normale » améliore la croissance, atténue l’hypertension pulmonaire, et réduit le risque de mort subite des prématurés atteints de dysplasie broncho-pulmonaire [DBP] rentrés à la maison avec ou sans oxygénothérapie. Or l’oxymétrie de pouls, faite par intermittence, ne détecte pas tous les épisodes d’hypoxémie. La polysomnographie [PSG] ne serait-elle pas plus fiable pour estimer l’oxygénation de ces petits patients ?

Dans cette optique, des médecins d’un service de pneumologie pédiatrique ont revu toutes les PSG faites de nuit à 62 enfants atteints de DBP, ayant consulté pour insuffisance respiratoire chronique avant l’âge de 3 ans.

Les enfants étaient nés entre 23 et 34 semaines. Trois sur 4 recevaient un supplément d’O2 au moment de la 1ère consultation. Ils étaient dans un état stable lors des PSG.

L’indice de perturbations respiratoires (c’est-à-dire le nombre de troubles respiratoires par heure de sommeil) et le nadir de la SaO2 ont été déterminés sur les PSG initiales (n=62), puis sur les PSG secondaires (n=23) :

- les PSG initiales ont été réalisées à l’âge moyen de 10 mois, sous O2 deux fois sur 3, afin de titrer l’O2 (71 %) ou d’éliminer des apnées du sommeil (18 %). L’indice de perturbations respiratoires était à 8 ± 10/h, nettement supérieur à la normale, et le nadir de SaO2 à 86 % ± 5 %, inférieur à l’objectif d’un minimum de 94 %.
- Cinq mois après une 1ère PSG, l’indice des perturbations respiratoires avait significativement diminué (p <0,001), et le nadir de la SaO2 avait tendance à augmenter.

Les indices d’oxygénation n’ont été déterminés que sur les PSG faites en totalité en air ambiant (FiO2=21 %). Les deux faits majeurs étaient ;

- la fréquence des apnées centrales avec désaturation (moyenne : 5,8 ± 2,1/h), mais aucune d’elles ne durait plus de 20 secondes,
- l’absence de corrélation entre les différents indices d’oxygénation tirés de la PSG (nadir de la SaO2, indice de désaturations, pourcentage de temps avec SaO2 <90 %, apnées centrales avec désaturation) et la fréquence respiratoire et la SaO2 en ambulatoire.

L’ensemble de ces données suggère que la PSG nocturne apprécie mieux l’hypoxémie des DBP que l’oxymétrie de pouls en ambulatoire, et donc, de façon indirecte, la faible réserve pulmonaire des DBP qui explique leurs décompensations respiratoires nécessitant des ré-hospitalisations.

Cependant, l’étude est rétrospective et sans sujets témoins. Avant d’étendre les indications de la PSG pour la détection de l’hypoxémie et donc l’appréciation de la réserve pulmonaire dans les DBP prises en charge à domicile, il conviendrait selon les auteurs de faire un essai contrôlé et randomisé en bonne et due forme.



Dr Jean-Marc Retbi


McGrath-Morrow SA et coll. : Polysomnography in preterm infants and children with chronic lung disease. Pediatr Pulmonol., 2011 ; publication avancée en ligne le 3 août.




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