Une SaO2 « normale » améliore la croissance, atténue
l’hypertension pulmonaire, et réduit le risque de mort subite des
prématurés atteints de dysplasie broncho-pulmonaire [DBP] rentrés à
la maison avec ou sans oxygénothérapie. Or l’oxymétrie de pouls,
faite par intermittence, ne détecte pas tous les épisodes
d’hypoxémie. La polysomnographie [PSG] ne serait-elle pas plus
fiable pour estimer l’oxygénation de ces petits patients ?
Dans cette optique, des médecins d’un service de pneumologie
pédiatrique ont revu toutes les PSG faites de nuit à 62 enfants
atteints de DBP, ayant consulté pour insuffisance respiratoire
chronique avant l’âge de 3 ans.
Les enfants étaient nés entre 23 et 34 semaines. Trois sur 4
recevaient un supplément d’O2 au moment de la 1ère consultation.
Ils étaient dans un état stable lors des PSG.
L’indice de perturbations respiratoires (c’est-à-dire le nombre
de troubles respiratoires par heure de sommeil) et le nadir de la
SaO2 ont été déterminés sur les PSG initiales (n=62), puis sur les
PSG secondaires (n=23) :
- les PSG initiales ont été réalisées à l’âge moyen de 10 mois,
sous O2 deux fois sur 3, afin de titrer l’O2 (71 %) ou d’éliminer
des apnées du sommeil (18 %). L’indice de perturbations
respiratoires était à 8 ± 10/h, nettement supérieur à la normale,
et le nadir de SaO2 à 86 % ± 5 %, inférieur à l’objectif d’un
minimum de 94 %.
- Cinq mois après une 1ère PSG, l’indice des perturbations
respiratoires avait significativement diminué (p <0,001), et le
nadir de la SaO2 avait tendance à augmenter.
Les indices d’oxygénation n’ont été déterminés que sur les PSG
faites en totalité en air ambiant (FiO2=21 %). Les deux faits
majeurs étaient ;
- la fréquence des apnées centrales avec désaturation (moyenne :
5,8 ± 2,1/h), mais aucune d’elles ne durait plus de 20
secondes,
- l’absence de corrélation entre les différents indices
d’oxygénation tirés de la PSG (nadir de la SaO2, indice de
désaturations, pourcentage de temps avec SaO2 <90 %, apnées
centrales avec désaturation) et la fréquence respiratoire et la
SaO2 en ambulatoire.
L’ensemble de ces données suggère que la PSG nocturne apprécie
mieux l’hypoxémie des DBP que l’oxymétrie de pouls en ambulatoire,
et donc, de façon indirecte, la faible réserve pulmonaire des DBP
qui explique leurs décompensations respiratoires nécessitant des
ré-hospitalisations.
Cependant, l’étude est rétrospective et sans sujets témoins.
Avant d’étendre les indications de la PSG pour la détection de
l’hypoxémie et donc l’appréciation de la réserve pulmonaire dans
les DBP prises en charge à domicile, il conviendrait selon les
auteurs de faire un essai contrôlé et randomisé en bonne et due
forme.
Dr Jean-Marc Retbi
McGrath-Morrow SA et coll. : Polysomnography in preterm infants and children with chronic lung disease. Pediatr Pulmonol., 2011 ; publication avancée en ligne le 3 août.
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