A l’automne 2010, l’agence suédoise des produits médicaux
signalait 6 cas de narcolepsie chez des enfants ou adolescents qui
avaient reçu un vaccin monovalent adjuvé contre le virus A(H1N1)
lors de la pandémie 2009-2010. Le nombre de cas est trop faible
pour pouvoir tirer des conclusions définitives pour le moment, mais
une étude publiée par le British Medical Journal est plutôt
rassurante quant au risque d’effets indésirables neurologiques ou
auto-immuns imputables à ce vaccin.
Plus de 1 million d’habitants de la région de Stockholm ont reçu
ce vaccin (le seul utilisé en Suède contre la pandémie 2009-2010).
Ils ont été comparés à plus de 900 000 autres non vaccinés, sur une
durée de 8 à 10 mois suivant le vaccin.
Il n’est retrouvé aucune augmentation du risque de
Guillain-Barré dans la population vaccinée par rapport à celle non
vaccinée. Aucune augmentation non plus des cas de sclérose en
plaques, de diabète de type 1, de polyarthrite rhumatoïde. En
revanche, le risque de paralysie de Bell (paralysie faciale aiguë
idiopathique) est augmenté chez les patients vaccinés (Hazard ratio
HR : 1,25, Intervalle de confiance 95 % : 1,06 à 1,48) comme celui
de paresthésies (1,11 ; 1,00 à 1,23), après ajustement pour l’âge,
le sexe, les conditions socio-économiques et l’accès aux soins.
Ceci correspond à un excès de risque de 8,4 cas pour 100 000
personnes vaccinées pour la paralysie faciale, et à 9,2 cas pour
100 000 pour les paresthésies.
L’analyse des résultats montre toutefois que ce sont les
patients vaccinés pendant la première phase de la campagne qui sont
victimes de cette augmentation du risque, de même qu’il est noté
une augmentation du risque de maladies inflammatoires intestinales
pour ces patients vaccinés pendant les 45 premiers jours.
L’explication avancée par les auteurs est que la priorité avait été
donnée à la vaccination des personnes fragilisées et donc déjà plus
à risque de maladies auto-immunes ou neurologiques
pré-existantes.
Notons toutefois que ces patients vaccinés dès le début de la
campagne ont une diminution, légère mais significative, du risque
de décès par rapport à ceux qui n’ont pas été vaccinés (0,94 ; 0,91
à 0,98).
Dr Roseline Péluchon
Bardage C et coll. : Neurological and autoimmune disorders after vaccination against pandemic influenza A (H1N1) with a monovalent adjuvanted vaccine: population based cohort study in Stockholm, Sweden.
BMJ 2011;343:d5956 doi: 10.1136/bmj.d5956
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