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Des conséquences neurologiques et auto-immunes de la vaccination contre la grippe A(H1N1)

Publié le 17/10/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

A l’automne 2010, l’agence suédoise des produits médicaux signalait 6 cas de narcolepsie chez des enfants ou adolescents qui avaient reçu un vaccin monovalent adjuvé contre le virus A(H1N1) lors de la pandémie 2009-2010. Le nombre de cas est trop faible pour pouvoir tirer des conclusions définitives pour le moment, mais une étude publiée par le British Medical Journal est plutôt rassurante quant au risque d’effets indésirables neurologiques ou auto-immuns imputables à ce vaccin.

Plus de 1 million d’habitants de la région de Stockholm ont reçu ce vaccin (le seul utilisé en Suède contre la pandémie 2009-2010). Ils ont été comparés à plus de 900 000 autres non vaccinés, sur une durée de 8 à 10 mois suivant le vaccin.

Il n’est retrouvé aucune augmentation du risque de Guillain-Barré dans la population vaccinée par rapport à celle non vaccinée. Aucune augmentation non plus des cas de sclérose en plaques, de diabète de type 1, de polyarthrite rhumatoïde. En revanche, le risque de paralysie de Bell (paralysie faciale aiguë idiopathique) est augmenté chez les patients vaccinés (Hazard ratio HR : 1,25, Intervalle de confiance 95 % : 1,06 à 1,48) comme celui de paresthésies (1,11 ; 1,00 à 1,23), après ajustement pour l’âge, le sexe, les conditions socio-économiques et l’accès aux soins. Ceci correspond à un excès de risque de 8,4 cas pour 100 000 personnes vaccinées pour la paralysie faciale, et à 9,2 cas pour 100 000 pour les paresthésies.

L’analyse des résultats montre toutefois que ce sont les patients vaccinés pendant la première phase de la campagne qui sont victimes de cette augmentation du risque, de même qu’il est noté une augmentation du risque de maladies inflammatoires intestinales pour ces patients vaccinés pendant les 45 premiers jours. L’explication avancée par les auteurs est que la priorité avait été donnée à la vaccination des personnes fragilisées et donc déjà plus à risque de maladies auto-immunes ou neurologiques pré-existantes.

Notons toutefois que ces patients vaccinés dès le début de la campagne ont une diminution, légère mais significative, du risque de décès par rapport à ceux qui n’ont pas été vaccinés (0,94 ; 0,91 à 0,98).



Dr Roseline Péluchon


Bardage C et coll. : Neurological and autoimmune disorders after vaccination against pandemic influenza A (H1N1) with a monovalent adjuvanted vaccine: population based cohort study in Stockholm, Sweden.
BMJ 2011;343:d5956 doi: 10.1136/bmj.d5956


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