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Les analgésiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens et autres, ont-ils un impact sur le risque de cancer rénal ?

Publié le 21/10/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Certaines données épidémiologiques plus ou moins fiables suggèrent que l’exposition prolongée aux analgésiques augmente le risque de cancer rénal à cellules claires (CRC). Dans l’ensemble, ces données proviennent d’études rétrospectives, cas-témoins et autres. Seules deux études de cohorte prospectives de grande envergure sortent du rang. Il s’agit en l’occurrence de la Nurses' Health Study et de la Health Professionals Follow-up Study. Les analgésiques visés sont l’aspirine, les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et l’acétaminophène. L’exposition à ces médicaments a été initialement évaluée en 1990 dans la première étude et en 1986 dans la seconde, par la suite tous les deux ans.

Un suivi de 16 années a été assuré chez 77 525 sujets de sexe masculin et de 20 années chez 49 403 sujets de l’autre sexe.  Au cours de ce laps de temps, 333 cas de CRC ont été dénombrés. L’exposition à l’aspirine ou à l’acétaminophène n’a eu aucune incidence sur le risque correspondant à ce type de tumeur. Il en a été différemment pour les AINS autres que l’aspirine. Leur prise régulière a en effet été associée à un risque relatif (RR) de CRC relativement élevé, soit 1,51 en analyse multivariée, ceci au sein d’un effectif regroupant celui des deux études précédemment évoquées. Le risque correspondant en valeur absolue, exprimé pour 1 000 patients-années a été estimé à 9,15 dans le sexe féminin, versus 10,92 dans l’autre sexe.

Une relation du type dose-effet significative (p<0,001) a même été mise en évidence entre la durée de l’exposition aux AINS et le risque de CRC, avec un RR variable, toujours en analyse multivariée, ceci comparativement aux « sujets peu ou pas exposés »  qui ont servi de témoins :

1) durée < 4 ans : RR=0,81 ;
2) entre 4 et 10 ans : RR=1,36 ;
3) > 10 ans : RR=2,92.

Ces données réellement recueillies de manière prospective sont à l’évidence plus crédibles que celles émanant des études cas-témoins, mais elles doivent tout de même être considérées avec un œil critique car elles émanent du regroupement de deux cohortes, entre autres remarques. Elles n’en suggèrent pas moins l’existence d’une relation entre la durée de l’exposition aux AINS et le risque de CRC.



Dr Philippe Tellier


Eunyoung C et coll. Prospective Evaluation of Analgesic Use and Risk of Renal Cell Cancer. Arch Intern Med 2011;171: 1487-1493.



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