Le CDC (Center of Diseases Control) confirme la gravité de la
grippe A(H1N1) 2009 chez la femme enceinte. D’avril 2009 à août
2010, 347 cas de grippe sévère (dont 75 décès) chez des femmes
enceintes ont été colligés auxquels s’ajoutent 15 cas (dont 9
décès) de femmes en post-partum (≤ 6 semaines) : la moitié
présentaient des comorbidités (asthme, diabète, obésité, cancer,
hypertension…). Le devenir des grossesses est connu dans 77 % des
cas : 7 % d’avortements spontanés, 4 % de morts fœtales, et
88 % de naissances vivantes mais caractérisées par 63,6 %
d’accouchement prématuré (≤ 37 semaines) et 43,8 % de petit poids à
la naissance avec admission en réanimation néonatale pour 69 % des
enfants. Le CDC confirme donc la virulence de la grippe chez la
femme enceinte et la nécessité de la vaccination à n’importe quel
stade de la grossesse.
La France quant à elle analyse les données post-pandémie. La
saison grippale 2010-11 s’est étendue sur 9 semaines et a été
marquée par une circulation modérée et à parts égales du virus A
(H1N1) 2009 et du virus B, ainsi qu’une faible proportion de
virus A(H3N2) : respectivement 47 %, 43 % et 10 % des 1 089 virus
grippaux analysés dans les centres de référence.
Le nombre de formes graves a été réduit globalement de moitié
(789 admissions en réanimation) ainsi que les décès (151) par
rapport à la pandémie 2009. Le virus A(H1N1) 2009, qui n’a pas subi
de mutation, a conservé sa capacité à induire des formes graves et
des décès chez les moins de 65 ans présentant pour la plupart des
facteurs de risque. La classe d’âge la plus touchée reste celle des
moins de 1 an, pour laquelle le taux d’incidence est beaucoup plus
élevé que dans les autres tranches d’âge quelle que soit la souche
grippale. Les proportions d’obèses et de femmes enceintes (avec ou
sans comobidités) touchés ont été de 5 et 20 %.
La surveillance des cas graves s’avère particulièrement
utile tant qu’une partie importante de la population n’est pas
protégée vis-à-vis du virus A(H1N1) 2009, ce qui est encore le cas
puisqu’une étude séro-épidémique récente concluait à l’absence de
détection d’anticorps pour environ 70 % de la population à la fin
de la 1ère vague, et que l’épidémie 2010-2011 a été modérée et liée
seulement pour moitié au virus A (H1N1)2009.
Ainsi, sa circulation pourrait se poursuivre lors de la
prochaine saison grippale, ce qui a amené le Haut Conseil à la
Santé Publique à reconduire les recommandations ciblant les
personnes à risque ainsi que les femmes enceintes et les personnes
obèses.
Dr Muriel Macé
Maternal and Infant Outcomes Among Severely Ill Pregnant and Postpartum Women with 2009 Pandemic Influenza A (H1N1) --- United States, April 2009--August 2010
Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) September 9, 2011 / 60(35);1193-1196
Surveillance épidémiologique et virologique de la grippe en France, saison 2010-2011. Cas graves de grippe admis en réanimation en France, saison 2010-2011
BEH n°37-38/2011. Numéro thématique - Surveillance de la grippe, saison 2010-2011 : bilan après la pandémie
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