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Grippe A(H1N1) : il faut continuer de protéger les femmes enceintes et les autres groupes à risque !

Publié le 11/11/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le CDC (Center of Diseases Control) confirme la gravité de la grippe A(H1N1) 2009 chez la femme enceinte. D’avril 2009 à août 2010, 347 cas de grippe sévère (dont 75 décès) chez des femmes enceintes ont été colligés auxquels s’ajoutent 15 cas (dont 9 décès) de femmes en post-partum (≤ 6 semaines) : la moitié présentaient des comorbidités (asthme, diabète, obésité, cancer, hypertension…). Le devenir des grossesses est connu dans 77 % des cas : 7 % d’avortements spontanés, 4 % de morts fœtales, et  88 % de naissances vivantes mais caractérisées par 63,6 % d’accouchement prématuré (≤ 37 semaines) et 43,8 % de petit poids à la naissance avec admission en réanimation néonatale pour 69 % des enfants. Le CDC confirme donc la virulence de la grippe chez la femme enceinte et la nécessité de la vaccination à n’importe quel stade de la grossesse.

La France quant à elle analyse les données post-pandémie. La saison grippale 2010-11 s’est étendue sur 9 semaines et a été  marquée par une circulation modérée et à parts égales du virus A (H1N1) 2009 et du virus B, ainsi  qu’une faible proportion de virus A(H3N2) : respectivement 47 %, 43 % et 10 % des 1 089 virus grippaux analysés dans les centres de référence.

Le nombre de formes graves a été réduit globalement de moitié (789 admissions en réanimation) ainsi que les décès (151) par rapport à la pandémie 2009. Le virus A(H1N1) 2009, qui n’a pas subi de mutation, a conservé sa capacité à induire des formes graves et des décès chez les moins de 65 ans présentant pour la plupart des facteurs de risque. La classe d’âge la plus touchée reste celle des moins de 1 an, pour laquelle le taux d’incidence est beaucoup plus élevé que dans les autres tranches d’âge quelle que soit la souche grippale. Les proportions d’obèses et de femmes enceintes (avec ou sans comobidités) touchés ont été de 5 et 20 %.

 La surveillance des cas graves s’avère particulièrement utile tant qu’une partie importante de la population n’est pas protégée vis-à-vis du virus A(H1N1) 2009, ce qui est encore le cas puisqu’une étude séro-épidémique récente concluait à l’absence de détection d’anticorps pour environ 70 % de la population à la fin de la 1ère vague, et que l’épidémie 2010-2011 a été modérée et liée seulement pour moitié au virus A (H1N1)2009.

Ainsi, sa circulation pourrait se poursuivre lors de la prochaine saison grippale, ce qui a amené le Haut Conseil à la Santé Publique à reconduire les recommandations ciblant les personnes à risque ainsi que les femmes enceintes et les personnes obèses.



Dr Muriel Macé


Maternal and Infant Outcomes Among Severely Ill Pregnant and Postpartum Women with 2009 Pandemic Influenza A (H1N1) --- United States, April 2009--August 2010
Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) September 9, 2011 / 60(35);1193-1196

Surveillance épidémiologique et virologique de la grippe en France, saison 2010-2011. Cas graves de grippe admis en réanimation en France, saison 2010-2011
BEH n°37-38/2011. Numéro thématique - Surveillance de la grippe, saison 2010-2011 : bilan après la pandémie




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