L’hyperparathyroïdie primaire, conséquence de
l’hyperfonctionnement d’une ou plusieurs glandes parathyroïdes,
entraîne un certain nombre de signes biologiques, [hypercalcémie,
élévation de la parathormone (PTH), baisse de la 25
hydroxy-vitamine D], et cliniques (lithiase rénale, ostéoporose,
ostéite fibrokystique, perte de mémoire, fatigue, nycturie). Les
auteurs du Wisconsin ont tenté de définir les corrélations entre
les signes cliniques et les signes biologiques, ces derniers
précédant souvent les premiers.
Les 229 patients ( 178 femmes) chez lesquels ils ont pratiqué
une parathyroïdectomie sur une période de 15 mois ont rempli, lors
de leur première consultation, un questionnaire portant sur les
symptômes dont ils se plaignaient ; par ailleurs, des dosages ont
été effectués dans le mois précédant l’intervention, les chiffres
considérés comme anormaux étant une calcémie ≥ 112 mg/l, (10
% au-delà de la normale), une PTH ≥ 130 pg/ml (soit le double de la
normale), et une 25-hydroxy-vitamine D ≤ 30 ng/ml.
Les opérées étaient en moyenne plus âgées que les opérés (62 vs
55 ans), et la plupart (72 %) des patients ont bénéficié d’une
parathyroïdectomie ciblée, n’enlevant que la glande porteuse d’un
adénome. Les 28 % restants ont eu une cervicotomie élargie
permettant une exploration bilatérale ; d’ailleurs plusieurs
glandes étaient atteintes (hyperplasie) dans 16 % des cas.
Les symptômes les plus fréquemment allégués étaient la fatigue et
les douleurs ostéo-articulaires (> 50 % des malades), suivis par
les troubles mnésiques et les difficultés de concentration. La
lithiase rénale ou la néphrocalcinose ne concernaient que 11 % des
sujets.
Les 78 patients dont la calcémie dépassait 112 mg/l se
distinguaient statistiquement des autres par la plus grande
fréquence de lithiase rénale (18 vs 9 %), mais ils avaient
significativement moins de douleurs ostéo-articulaires, de
dépression ou de constipation que ceux dont la calcémie était plus
basse. En revanche, il n’a pas été possible de déterminer une
corrélation entre l’élévation de la PTH, ni d’ailleurs la déplétion
en vitamine D, et les signes cliniques (les douleurs
ostéo-articulaires semblaient un peu plus fréquentes chez les
patients non déficients en vitamine D).
Ainsi, seule la précipitation rénale de calcium peut être
rattachée à une anomalie biologique dans l’hyperparathyroïdie.
Dr Jean-Fred Warlin
Bargren A et coll. : Can biochemical abnormalities predict symptomatology in patients with primary hyperparathyroidism ?
J Am Col Surg., 2011; 213: 410-414.
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Vos réactions |
Hyperpara
Le 16 novembre 2011
Très interessant. L'hypophosphorémie a disparu... Elle est pourtant moins banale que l'hypo-vit D3.
Dr M Lequesne
Hyperparathyroidies secondaires autonomisées
Le 21 novembre 2011
Je ne comprends pas pourquoi l'hypovitaminose D ferait partie de l'hyperparathyroidie primaire alors que c'est une cause d'hyperparathyroidie secondaire . On peut se demander si une partie de ces hyperparathyroidies primaires ne sont pas des hyperparathyroidies secondaires peut être autonomisées ce qui expliquerait peut être la part importante des hyperplasies dans cet article ?
Dr ML Sari-Leret
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