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Un biomarqueur génétique potentiel pour la maladie de Huntington

Publié le 16/11/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Un biomarqueur peut permettre un diagnostic précoce et/ou de suivre la réponse à un traitement médical. Disposer d’un tel marqueur dans la maladie de Huntington (MH) laisserait aussi espérer favoriser le développement d’un traitement pour cette affection génétique neurodégénérative héréditaire à transmission autosomique dominante qui touche environ une personne sur dix mille et reste incurable.

La dérégulation de la transcription est vraisemblablement un mécanisme de la pathogenèse de la MH. Sur cette base et après une analyse systématique du transcriptome de 8 patients atteints de MH et 111 sujets témoins (105 souffrant de maladie de Parkinson et 6 en bonne santé), des chercheurs américains ont sélectionné comme biomarqueur potentiel le gène H2AHY codant pour un variant d’histone H2A. H2AHY et la protéine codée sont des modulateurs de la transcription. L’expression de H2AHY est multipliée par 1,6 dans le sang des patients atteints de MH, avec des sensibilité et spécificité élevées. La quantification par PCR chez les 8 malades confirme ces résultats, montrant une association répétable et spécifique entre la MH et des niveaux élevés d’ARNm H2AHY dans le sang (X 2 par rapport à des témoins sains et des patients souffrant d’autres pathologies neurologiques). Une étude de validation indépendante (n=96) montre que l’ARNm H2AHY est 1, 5 fois plus abondant chez des patients MH que chez des sujets sains.

De façon particulièrement intéressante, des individus au stade pré-symptomatique de la MH, donc plus à même de bénéficier d’interventions thérapeutiques, présentent des taux d’ARNm H2AHY 1,9 fois plus élevés que les sujets sains. Les taux de la protéine MacroH2A1, codée par H2AHY, sont aussi accrus dans le cortex frontal chez 12 malades au stade précoce de MH. Une corrélation est de plus observée entre les concentrations de la protéine (augmentées en particulier dans le striatum) et la progression cérébrale de la maladie dans deux modèles murins. Pour finir, des patients traités avec un inhibiteur des histone deacetylases, à l’essai pour ralentir la progression de la MH, présentent des taux sanguins réduits d’ARNm H2AFY, cette décroissance étant associée au nombre de semaines de traitement.

Plusieurs études chez l’homme et deux modèles animaux permettent donc à cette équipe d’associer de façon robuste et spécifique à la MH l’expression du gène H2AFY d’un variant d’histone, et de montrer qu’elle signe le début de la sévérité de la maladie dans les cerveaux humain et murin. Collectivement les résultats de cette série d’expérimentations identifient un biomarqueur potentiel génétique pour la MH, permettant d’identifier les individus au stade pré-symptomatique de la MH, ainsi que de suivre leur évolution. Ils suggèrent que l'activité de la MH pourrait être surveillée par un simple test sanguin, dont une application concerne la recherche de traitements de la maladie.



Dominique Monnier


Hu Y et Coll. : Transcriptional modulator H2A histone family, member Y (H2AFY) marks Huntington disease activity in man and mouse. Proc Natl Acad Sci U S A. 2011; 108: 17141-6. doi10.1073/pnas.1104409108


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