Les sténoses trachéales idiopathiques (STI) sont rares (3 à 5 %
des sténoses trachéales).
Elles sont définies comme des sténoses trachéales survenant en
dehors de tout contexte préalable d’intubation trachéale, de
trachéostomie, de chirurgie, de brûlures ou d’atteinte chimique, de
traumatisme et de tout processus inflammatoire (sarcoïdose,
collagénose, Wegener, tuberculose).
Le Groupe d’Endoscopie de Langue Française (GELF) propose une
étude multicentrique rétrospective.
Elle porte sur 23 patientes (22 femmes et 1 homme), de 45 ans
(27-83) d’âge moyen, dont 22 n’avaient jamais fumé et qui ont
attendu plus de 18 mois avant que le diagnostic ne soit porté.
Les symptômes les plus fréquents étaient une dyspnée d’effort
(100 %), un stridor (35 %), une toux chronique (26 %), un wheezing
(22 %). Une patiente sur 5 (22 %) avait un reflux
gastro-œsophagien.
Les taux de sténose allaient de 40 à 90 % avec une moyenne de 64
%.Toutes les STI siégeaient dans le tiers supérieur de la
trachée à en moyenne 2 cm des cordes vocales (0,5-4) sur une
hauteur moyenne de 4 cm.
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Tableau : Traitements réalisés en fonction des
lésions
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La sténose était en forme de toile d’araignée (weblike) dans 69 %
des cas (14) ou dite complexe dans 31 % des cas (9).
Les biopsies systématiques ont montré des lésions inflammatoires
non spécifiques, des métaplasies épidermoïdes ou de la fibrose.
Les lésions ont été traitées soit par dilatation mécanique
(bronchoscopie rigide parfois précédée d’une application de laser,
argon ou électrocoagulation) soit par la mise en place d’un stent
siliconé dans les sténoses les plus basses (3+/-1 cm sous les
cordes vocales) et souvent les plus serrées.
Deux sténoses ont été opérées : une pour une 1ère récidive après
l’ablation d’un stent, l’autre pour une seconde récidive.
Les traitements endoscopiques ne se sont accompagnés d’aucune
mortalité et d’une morbidité limitée à une migration de stent.
Le suivi moyen après traitement est de 41 mois.
Une première récidive est survenue dans 13 des 23 cas (57 %) : 9
fois sur 14 pour les lésions « weblike » au bout de 16 mois
en moyenne et 4 fois sur 9 pour les lésions complexes au bout de 9
mois en moyenne.
Une seconde récidive est survenue 7 fois : 4 fois pour les
lésions « weblike » et 3 fois pour les lésions complexes.
Dans un cas, il y a eu une 3e récidive.
Le traitement endoscopique des STI est intéressant, mais il ne
protège pas des récidives. En effet, ce risque est de 59 % à 2 ans
pour la 1ère récidive avec une possibilité de récidive secondaire
de 53 % à 25 mois.
La place de la chirurgie n’est pas évoquée alors même qu’elle
donne d’excellents résultats dans cette indication.
Dr Roland Charpentier
Perotin JM et coll. : Endoscopic Management of Idiopathic Tracheal Stenosis. Ann Thorac Surg 2011 ; 92 : 297-302.
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