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Le traitement endoscopique des sténoses trachéales idiopathiques ne protège pas des récidives

Publié le 29/11/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les sténoses trachéales idiopathiques (STI) sont rares (3 à 5 % des sténoses trachéales).

Elles sont définies comme des sténoses trachéales survenant en dehors de tout contexte préalable d’intubation trachéale, de trachéostomie, de chirurgie, de brûlures ou d’atteinte chimique, de traumatisme et de tout processus inflammatoire (sarcoïdose, collagénose, Wegener, tuberculose).

Le Groupe d’Endoscopie de Langue Française (GELF) propose une étude multicentrique rétrospective.

Elle porte sur 23 patientes (22 femmes et 1 homme), de 45 ans (27-83) d’âge moyen, dont 22 n’avaient jamais fumé et qui ont attendu plus de 18 mois avant que le diagnostic ne soit porté.

Les symptômes les plus fréquents étaient une dyspnée d’effort (100 %), un stridor (35 %), une toux chronique (26 %), un wheezing (22 %). Une patiente sur 5 (22 %) avait un reflux gastro-œsophagien.

Les taux de sténose allaient de 40 à 90 % avec une moyenne de 64 %.Toutes les STI siégeaient dans le  tiers supérieur de la trachée à en moyenne 2 cm des cordes vocales (0,5-4) sur une hauteur moyenne de 4 cm.

Tableau : Traitements réalisés en fonction des lésions

La sténose était en forme de toile d’araignée (weblike) dans 69 % des cas (14) ou dite complexe dans 31 % des cas (9).

Les biopsies systématiques ont montré des lésions inflammatoires non spécifiques, des métaplasies épidermoïdes ou de la fibrose.

Les lésions ont été traitées soit par dilatation mécanique (bronchoscopie rigide parfois précédée d’une application de laser, argon ou électrocoagulation) soit par la mise en place d’un stent siliconé dans les sténoses les plus basses (3+/-1 cm sous les cordes vocales) et souvent les plus serrées.

Deux sténoses ont été opérées : une pour une 1ère récidive après l’ablation d’un stent, l’autre pour une seconde récidive.

Les traitements endoscopiques ne se sont accompagnés d’aucune mortalité et d’une morbidité limitée à une migration de stent.

Le suivi moyen après traitement est de 41 mois.

Une première récidive est survenue dans 13 des 23 cas (57 %) : 9 fois sur 14 pour les lésions « weblike »  au bout de 16 mois en moyenne et 4 fois sur 9 pour les lésions complexes au bout de 9 mois en moyenne.

Une seconde récidive est survenue 7 fois : 4 fois pour les lésions « weblike » et 3 fois pour les lésions complexes.

Dans un cas, il y a eu une 3e récidive.

Le traitement endoscopique des STI est intéressant, mais il ne protège pas des récidives. En effet, ce risque est de 59 % à 2 ans pour la 1ère récidive avec une possibilité de récidive secondaire de 53 % à 25 mois.

La place de la chirurgie n’est pas évoquée alors même qu’elle donne d’excellents résultats dans cette indication.



Dr Roland Charpentier


Perotin JM et coll. : Endoscopic Management of Idiopathic Tracheal Stenosis. Ann Thorac Surg 2011 ; 92 : 297-302.



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