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La dysplasie broncho-pulmonaire recule-t-elle ?

Publié le 31/01/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Beaucoup d’efforts ont été déployés pour atténuer le traumatisme des poumons immatures dû à la ventilation mécanique. Leur portée est controversée, mais les études rétrospectives sont plus optimistes que les essais thérapeutiques.

Une équipe hollandaise rapporte l’histoire parallèle du soutien respiratoire et de la dysplasie broncho-pulmonaire [DBP] de prématurés de 25 à 30 semaines pris en charge dans un centre périnatal, la DBP étant définie par un supplément d’oxygène [O2] pendant plus de 28 jours ou par une supplémentation en O2 et/ou une assistance respiratoire jusqu’à ≥36 sem.

En 1996-1997, les 106 enfants nés avant 30 sem. ont presque tous été intubés et ventilés avec de l’O2 pur à la naissance, puis mis en ventilation assistée contrôlée intermittente [VACI] sur un découpeur de flux, avec un objectif de normocapnie, la pression positive continue [PPC] nasale n’étant utilisée qu’après l’extubation. L’incidence de la DBP a été de 47 %.

En 2003-2004, deux options nouvelles, la ventilation au masque en salle de naissance et la PPC nasale d’emblée en réanimation, et l’abandon de la normocapnie pour « l’hypercapnie permissive », ont évité une intubation précoce (avant H72) et une ventilation mécanique à, respectivement, 24 % et 18 % des 120 enfants de <30 sem traités. Cependant, l’incidence de la DBP est restée élevée, à 55 %.

En 2008-2009, 156 enfants ont de plus bénéficié d’une pression d’insufflation plafonnée à 20 cm d’H2O (pièce en T), de la PPC nasale et de la titration de l’O2 dès la naissance, puis du maintien du volume courant à 4-6 ml/kg en VACI. Les taux d’enfants ayant évité l’intubation précoce et la VM sont montés à, respectivement, 39 % et 26 %, et l’incidence de la DBP est descendue à 37 %, une diminution nette par rapport à 1996-1997 (p <0,01) et à 2003-2004 (p <0,01). Les survivants avaient moins de formes modérées à sévères de DBP qu’autrefois : 15 % versus 27 % en 1996-1997 (p <0,05) et 31 % en 2003-2004 (p <0,01).

Les trois cohortes sont comparables, mis à part une augmentation du taux de césariennes avec le temps. L’oscillation à haute fréquence n’a été utilisée qu’en dernière extrémité, à partir de la 2e période.

Le recul de la DBP est isolé, l’incidence des autres complications de la grande prématurité et la mortalité restant stables. Il ne concerne que des enfants de ≥ 25 sem. Son synchronisme avec les dernières modifications de l’assistance respiratoire suggère qu’elle est due à plusieurs facteurs : diminution de l’invasivité trachéale -grâce à la PPC nasale-, limitation du baro- et du volo-traumatisme, et réduction du stress oxydatif. Au total, cette étude historique incite à persévérer dans le sens de « l’adoucissement » du soutien respiratoire pour réduire l’incidence de la DBP chez les grands prématurés.



Dr Jean-Marc Retbi


Mulder EEM et coll. : Changes in respiratory support of preterm infants in the last decade : are we improving? Neonatology, 2012 ; 101 : 247-253




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