Quelques nouvelles encourageantes au sujet du carcinome hépatocellulaire

Le pronostic du carcinome hépatocellulaire (CHC) s’est amélioré au cours des dernières années du fait d’un diagnostic plus précoce rendant possible le recours à des interventions potentiellement curatives (transplantation, résection, ablation par radiofréquence).

Cette étude a examiné les données concernant le stade tumoral, l’existence d’une confirmation histologique, la prise en charge initiale pour 21 390 cas de CHC diagnostiqués dans la période 1998-2008 et pour lesquels on disposait d’informations sur la survie.

Parmi ces 21 390 patients, 4 727 (22 %) avaient eu une prise en charge initiale chirurgicale, une destruction locale de la tumeur, ou une combinaison des deux. La proportion de patients chez lesquels une chirurgie hépatique ou une destruction de la tumeur étaient rapportées était de 39 % en cas de tumeurs localisées et seulement de 4 % en cas de tumeurs avancées ou non classées.

Soixante-dix pour cent des CHC avaient été confirmés histologiquement, ce taux étant, ce qui est logique, significativement plus élevé en cas de chirurgie hépatique (99 %) qu’en cas de destruction localisée de tumeurs (80 %) ou d'absence de prise en charge particulière (65 %) où le diagnostic avait été posé sur l’imagerie. Il est à noter que la proportion de CHC sans confirmation histologique a augmenté plus rapidement, au cours de la période 1992-2008, que celui des CHC avec confirmation histologique (8 % vs 3 % par an).

Cette étude met en évidence deux données encourageantes. La première est que le taux d’incidence des CHC localisés augmente plus rapidement que celui des CHC ayant une extension régionale ou à distance (8 % vs 4 % par an), la seconde est que le taux d'incidence des CHC pour lesquels une chirurgie ou une destruction localisée de la tumeur est possible augmente plus rapidement que celui des CHC pour lesquels une telle prise en charge n'est pas possible (11 % vs 7 %).

Lorsqu’on compare les périodes1975-1977 et 1998-2007, la survie spécifique à cinq ans du CHC a augmenté de 3 % à 18 %.

Cette survie a été de 84 % chez les patients ayant pu être transplantés, 53 % chez ceux ayant pu avoir une ablation par radiofréquence à un stade précoce, 47 % chez les patients ayant eu une résection chirurgicale et 35 % en cas de destruction locale de la tumeur.

Les sujets asiatiques ou originaires des Iles du pacifiques ont une survie globale à cinq ans (23 %) supérieure à celle des caucasiens (18 %), des hispaniques (15 %) ou des afro-américains (12 %).

Ainsi la survie du carcinome hépatocellulaire s'améliore, principalement du fait d'un diagnostic et d'une prise en charge thérapeutique à un stade plus précoce. Des progrès supplémentaires sont certainement possibles avec une poursuite et une amélioration de la surveillance des patients à risque de CHC.

Pr Marc Bardou

Références
Altekruse S F et coll. : Hepatocellular Carcinoma Confirmation, Treatment, and Survival in Surveillance, Epidemiology, and End Results Registries, 1992-2008. Hepatology 2012; 55 : 476-82.

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